The Servant

Publié le par the idiot

The Servant
(1963)
Joseph Losey
Dirk Bogarde, James Fox, Sarah Miles




            Dans The Servant, film sombre de Joseph Losey, Drik Bogarde campe le rôle d'Hugo Barrett, un valet qui entre au service d'un jeune bourgeois nommé Tony. Ce dernier, interprété par James Fox, doit apparemment sa fortune à la mort récente de son père qui n'est qu'évoquée brièvement lors de leur premier entretien. On ne saura rien de son passé mais il semble incapable de faire quoi que ce soit seul, ce qui le motive à trouver un homme à tout faire. Barrett paraît combler son employeur, cuisinant et tenant la maison dans un ordre impeccable mais le personnage demeure sinistre, le visage fermé de Bogarde toujours présent derrière une porte ou dans le reflet d'un miroir.
            La mise en scène de Losey contribue grandement à générer de la tension et à conférer une dimension inquiétante au valet. En déconstruisant l'espace de la maison dans laquelle se déroule la majeure partie du film, il la rend presque irréelle. Pourtant d'une architecture simple, on ne sait jamais dans quelle pièce va mener telle porte ou tel couloir. Cette désorientation, Tony va en être la principale victime, manipulé par Barrett qui va bientôt inclure sa complice, Vera, dans ses plans machiavéliques. Tour à tour ils séduisent ce pauvre homme, rapidement dépassé par les événements malgré les mises en garde de sa fiancée, Susan, qui n'a jamais eu confiance en son nouvel employé. Une forte charge érotique se dégage entre les différents personnages, berçant le film dans un onirisme de plus en plus dérangeant.
            On ne découvrira jamais la véritable motivation du couple de malfaiteurs. S'ils s'évertuent uniquement à profiter de la situation pour se loger et se nourrir, ils font preuve d'un sadisme inhumain, s'il s'agit d'une vengeance personnelle, celle-ci n'est jamais mise en relief. Cette absence d'un mobile est ce qui donne tant de puissance au film, Harold Pinter (le scénariste) et Joseph Losey faisant d'un récit assez simpliste une réflexion sur la lutte des classes en Angleterre et mettant en scène une vengeance symbolique du prolétariat sur la bourgeoisie, une vengeance sans pitié qui vire à la débauche.

Publié dans Cinéma

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