Baby Boy Frankie

Publié le par the idiot

Blast of Silence
(1961)
Allen Baron
Allen Baron, Larry Tucker, Molly McCarthy




                    Dès le premier plan de Blast of Silence, le spectateur est embarqué dans la vie de Baby Boy Frankie, un tueur à gage solitaire et froid dont la vie s'écoule en un cours violent depuis sa naissance. Ce premier plan spectaculaire donne le ton d'une esthétique symboliste dont la voix off qui narre de nombreux passages du film va renforcer le caractère existentiel. A noter que cette voix n'est pas comme le voudrait la tradition à la première ou la troisième personne, mais à la seconde, ce tutoiement se faisant l'écho de La Modification de Butor, permettant une grande identification au spectateur avec le personnage principal.
                    Ce personnage semble au premier abord froid, mais peu à peu le film dévoile sa part d'humanité, une humanité enfouie sous une profonde solitude qui frôle parfois la misanthropie. L'histoire se déroule autour de noël, les chants et la neige donnant encore plus de relief à la solitude de Frankie, les foules rassemblées autour de sapins et de pères noël contrastant avec les ruelles sombres et appartements sordides qu'il côtoie. Le jour de noël s'offre à lui comme une aubaine, la chance de renaître sous de nouveaux traits mais pour Frankie il est évidemment trop tard et son mode de vie ne lui laissera entrevoir aucune échappatoire.
                    Si le film se centre surtout autour de ses personnages, Allen Baron démontre une faculté inégalée pour filmer les lieux. La ville de New York grouille littéralement, que ce soit en pleine nuit ou baignant dans une lumière blafarde pendant les scènes de filature. Les scènes qui se déroulent en dehors de la ville, comme la dernière, font preuve d'une grande intelligence dans les repérages. L'appartement de Big Ralph marque aussi les esprits et caractérise parfaitement celui qui y habite.

Publié dans Cinéma

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