Things that go bump in the night

Publié le par the idiot

Figures du fantastique

 

Martin


Récits d'un voyage dans les méandre de la culture

vol. 10

Je fonctionne par phases. Sauf en ce qui concerne ma haine pour Inception, là ça va crescendo. Je vais passer un certain temps à regarder énormément de westerns, puis de films japonais, sans trop comprendre ce qui m’y pousse, peut-être l’envie de comparer entre elles des œuvres proches afin de mieux comprendre un genre. Peut-être n’est-ce qu’une lubie. En tous les cas, je me suis souvent retrouvé récemment devant des films d’horreur fantastique, à revoir certains de mes films de zombies et de vampires préférés, ainsi que de découvrir quelques films de loups-garous aussi inattendus qu’innovants pour le genre. Qu’il s’agisse de films complètement crétins mais jouissifs ou d’œuvres intelligentes, remettant en cause les fondations de certains mythes et leur représentation traditionnelle, ces films occupent tous, à mes yeux, une place à part dans leurs genres respectifs.

Re-AnimatorEn matière de comédie horrifique, il est difficile de faire mieux que l’excellent Re-Animator de Stuart Gordon, sorti en 1985. Et oui, déjà 25 ans, pourtant je trouve qu’il se porte mieux que moi. Adapté très librement d’une nouvelle d’Howard P. Lovecraft, déplaçant le récit à une époque plus moderne et adoptant un tout autre ton, le film est souvent porté par Jeffrey Combs au sommet de sa forme. Il incarne ici Herbert West, un jeune médecin sans aucun scrupule, lancé à la recherche d’un élixir de la vie. Débarqué depuis peu à l’université de Miskatonic, West entraîne le jeune premier Dan Cain et sa fiancée dans ses aventures aux effets gores très bien pensés pour l’époque. Avec ses zombies lobotomisés, sa violence gratuite envers les chats et son grand méchant cadavre qui porte sa propre tête assoiffée de pouvoir sur un plateau, ce petit bijou du cinéma bis ravira tous les films du genre et se démarque d’autres films de zombies gonzos des années 1980 par la qualité de sa réalisation. Il n’y a que Le Retour des morts vivants de Dan O’Bannon, sorti la même année, qui soit d’un niveau comparable, et ce dernier opère sur un tout autre ton. Deux œuvres en tous cas essentiels pour le fan de zombies qui se respecte.

Si le zombie je connais bien, voire dans son intimité, le loup-garou j’en ai toujours été moins friand, et les films qui lui ont été consacrés m’ont toujours moins convaincu. C’est peut-être ma propre pilosité qui fait que ces bestioles ne me font généralement pas trop peur, mais les Wolf et Loup-garou de Londres (de Mike Nichols et John Landis, respectivement) ne m’ont jamais marqué. Il y a toutefois deux films du genre dont j’entendais parler depuis quelques temps, et que j’ai eu l’occasion de voir récemment. Vous voyez, quand je vous dis que tout m’arrive par phases, je ne déconnais pas. Même le hasard veut que ma vie se déroule de cette manière. Mettons de côté ma vie pas très passionnante, si vous le voulez bien, et revenons en à nos moutons. Enfin nos loups. Généralement dans ces films les moutons, les vaches et les caniches finissent en lambeaux.

Dog SoldiersSi Ginger Snaps, petit film sans prétention de John Fawcett conserve, malgré son originalité dans le traitement du sujet, des aspects de teen-movie, il n’en est pas moins regardable. En portant un regard sur la lycanthropie comme s’il s’agissait d’un rite de passage, le film permet à ses deux héroïnes en manque d’amour-propre de prendre véritablement du relief. Les parallèles avec la drogue et une jeunesse en pleine décadence sont certes un peu forcés, mais la relation entre les deux jeunes filles et leur mère est très bien exploitée. Légère déception par rapport à mes attentes, mais tout de même une très sympathique découverte. Dog Soldiers, qui avait révélé Neil Marshall en 2002 est, quant à lui, une toute autre histoire. Innovant vraiment sur le mythe du loup-garou en confrontant les victimes, une escouade de l’armée de terre britannique, à une meute plutôt qu’un simple danger solitaire, la majorité du film se déroule tel un siège dans une grange isolée dans le trou du cul de l’Ecosse. Construit à la manière du génial Assaut de John Carpenter, Marshall exploite, comme l’avait fait avant lui son illustre aîné, toutes les possibilités de mise en scène que permet cette situation et réussit, malgré un budget minime, à livrer un film tendu et surprenant, avec des personnages auxquels le spectateur adhère. Il serait peut-être temps que je me décide à voir The Descent.

Après cette entrée en matière, il est temps de s’attaquer au plat de résistance, cette bande de suceuses de la nuit que l’on nomme parfois vampires. Il s’agit sans doute du mythe le plus souvent porté à l’écran. A lui seul, le roman Dracula de Bram Stoker est un des livres les plus fréquemment adaptés depuis la naissance du septième art. Mais en marge des nombreuses adaptations de la Hammer ou encore de celle, très réussie, de Francis Ford Coppola, il existe des films qui revisitent le mythe sous un angle neuf. Mais avant de vous causer de deux films qui valent vraiment la peine d’être découverts, il faut que j’évoque rapidement le cas d’Une nuit en enfer de Robert Rodriguez, revu récemment vers les trois heures du mat. Ce film, aussi crétin soit-il, reste un très bon film de genre et un summum de n’importe quoi. La deuxième moitié ressemble à un épisode de Buffy sans cette pétasse de Sarah Michelle Gellar et vient parfaitement bousculer les attentes mises en place par tout ce qui précédait.

VampyrDe tous les films de vampires que j’ai eu l’occasion de voir, celui que je préfère (et de loin) reste Martin que je trouve aussi être le chef d’œuvre de George A. Romero. Réalisé, comme The Crazies, entre les deux premiers volets de la trilogie des morts vivants, le film a légèrement vieilli mais reste foutrement intelligent, revisitant le mythe au travers du prisme de la folie. Romero y prend un malin plaisir à remettre en cause les superstitions et met en scène plusieurs séquences d’une intensité qu’il n’est jamais parvenu à atteindre dans ses autres films. L’ironie qui attend son jeune héros est d’une cruauté sans pareil et l’ambiance du film, ancré dans une Philadelphie en pleine déchéance, est glauque à souhait. Froid et implacable, le film est construit sur un aller-retour entre le récit et des passages qui ressemblent à un flash-back mais qui ne font que souligner la folie de Martin, une folie à laquelle sa famille l’a contrainte. Comme dans Une nuit en enfer, on retrouve ce bon vieux bougre de Tom Savini dans un petit rôle (sans la stachemou pour une fois) et Romero lui-même y interprète un prêtre plutôt porté sur la boisson. Un film incontournable. Dans un tout autre style, Vampyr de Carl Theodor Dreyer revisite le vampirisme sous son aspect le plus onirique. Bien que ressemblant fortement au Nosferatu de Murnau de par bien des aspects de son récit, Dreyer laisse davantage de place au cauchemar, créant une atmosphère de rêve avec des astuces souvent liées à l’emploi de la lumière. Le réalisateur danois met ainsi en scène nos peurs les plus primaires, suggérant l’indicible comme l’invisible au travers de séquences bercées par des mouvements de caméra toujours fluides, promenant son spectateur dans le dédale du long cauchemar de son protagoniste principal.

Tout ça pour dire que si vous aussi, vous en avez marre des Underworld, Wolfman et autres Twilight qui polluent nos grands écrans depuis maintenant quelques années il existe tout un pan du cinéma fantastique qui traite en profondeur le sujet de la peur infondée et incongrue et un autre qui, sans se prendre au sérieux, offre de grands moments de divertissement.

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Cachou 11/08/2010 11:04



Tu me dis "patience", à moi???? Moi???? Patience est le second prénom de ma némésis (le premier étant Western)(Western Patience War-Social - nom de femme mariée, la personne que je hais le plus
au monde).



the idiot 11/08/2010 20:52



Et oui. Au moins quelques jours en plus...



Cachou 10/08/2010 16:51



Si je dois te faire un dessin, ben je plains ta copine hein... (facile, mais toujours aussi efficace).


 


Bon, alors, tu l'as vu ce film?



the idiot 11/08/2010 11:01



Mais de quel film? Les Cheyennes, oui. Et l'article ne saurait tarder, mais bon encore un peu de patience!



Cachou 10/08/2010 14:01



Ben nan, quand même hein, bon. Zut aussi. Long, c'est long quoi.



the idiot 10/08/2010 14:08



Oui certes, mais encore?



Cachou 10/08/2010 13:56



(je m'abstiens de répondre à la très jolie allusion involontaire de ta part)(je deviens sage)(c'est parce que je peux me défouler sur mes propres commentaires que j'arrive à ne pas le faire
ici)(mais quand même, relis, et tu apprécieras ma retenue)


 


Ben tout juste, je dois partir cet après-midi, j'espère bien avoir de quoi lire en rentrant (ce n'est pas comme s'il me restait 200 pages à lire du bouquin que je dois chroniquer pour ce soir non
plus)(ou si).



the idiot 10/08/2010 13:59



T'as l'esprit vraiment tordu...



Cachou 10/08/2010 13:48



(oui, mais moi c'était de l'humour en réponse)(bah, on ne s'en sort plus, on va en rester au deuxième degré ^_^)(et je me doute que c'est du 5ème (ou 4ème si j'ai mal compté) degré hein)(juste
que j'avais envie de le signaler ;-p)(tu le fais cet autre article? J'en ai marre d'aller sur la deuxième page)



the idiot 10/08/2010 13:52



Ben va falloir patienter un peu là, j'en ai encore un de Ford à regarder cet aprem, puis je m'y mets mais il risque d'être assez long et pas forcément très intéressant pour toi.