The Brown Bunny

Publié le par the idiot

The Brown Bunny
(2003)
Vincent Gallo
Vincent Gallo, Chloë Sevigny

The Brown Bunny



              Bud Clay est pilote de motos de course. N'étant pas un champion, il est plus ou moins personne et c'est ainsi qu'il traverse sa vie et les Etats-Unis, allant d'un circuit au prochain. La prochaine course l'amène en Californie, vers Daisy, l'unique femme qu'il n'ait jamais aimée. Sur la route il essaie de s'ouvrir à d'autres possibles relations avec d'autres femmes mais ne trouve pas en lui même la force nécessaire pour aimer. Ni pour faire semblant. Le souvenir du temps passé avec Daisy le hante alors il cherche à la revoir.
              L'histoire de The Brown Bunny est dépouillée, c'est le moins que l'on puisse dire. Le film est encore plus aride à l'image des salt flats de l'Utah sur lesquels Bud Clay fait un tour en moto. Son monde est une terre morte, sans amour, sans émotion, sans espoir. Les gens qui l'habitent sont muets, ne pouvant s'exprimer que de façon utilitaire comme les nombreuses prostituées californiennes qui demandent à Clay s'il a envie de se payer un bon quart d'heure. Il cherche l'amour, l'amour propre et l'amour de sa vie. Entre lui et son environnement, la communication dysfonctionne et s'effiloche. C'est un homme à la dérive.
              Le deuxième long-métrage de Vincent Gallo est un film sans concessions, un sombre chant de désespoir où l'histoire d'amour prend la tangente lugubre. Tout n'est que désillusion et la tristesse profonde en devient palpable, perçant d'un cri de détresse le silence d'un monde qui préfère taire ses problèmes. Gallo n'offre même pas à ses personnages la force de la révolte, ils sont enfermés dans leurs drames sans échappatoire apparent. Visant la victoire par K.O., The Brown Bunny se termine en coup de poing et emmène le spectateur au coeur de la haine d'un homme, réinventant au passage le romantisme.

Publié dans Cinéma

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