Suspiria

Publié le par the idiot

Suspiria
(1977)
Dario Argento
Jessica Harper, Stefania Casini, Alida Valli

Suspiria



             Par une nuit pluvieuse, Suzy Banyon débarque en Europe à la prestigieuse école de danse à laquelle elle vient de s'inscrire. Devant l'institut, au milieu de la tempête, elle croise une jeune femme hystérique qui s'enfuit dans la forêt. Le lendemain, Suzy apprend que celle-ci a été assassinée. Alors qu'une série d'incidents fait suite à la mort de la jeune fille, des soupçons émergent au sein de l'école concernant la directrice et les professeurs. Avec une de ses camarades, Suzy cherche à découvrir la vérité.
             Au travers de ce scénario typique du film d'horreur italien des années 1970, Dario Argento construit une oeuvre tout à fait singulière, à mi-chemin entre compte de fée et cauchemar, mêlant le récit d'apprentissage et l'horreur gothique. Si Suzy paraît bien naïve à son arrivée à l'école, choquée par l'avarice de ses camarades et habillée telle une  petite princesse, les dangers qu'elle est amenée à affronter ressemblent par bien des manières à un rite initiatique, ses déambulations dans les interminables couloirs de l'institut prenant l'air allégorique d'un passage à l'âge adulte. Ses pérégrinations la menant pas à pas vers un terrible secret, l'image de la perte de l'innocence ne s'en trouve que renforcée.
             Alors que l'angoisse monte tout au long du film, Suspiria ne s'emballe jamais vraiment, conservant toujours un rythme lancinant qui renforce son caractère onirique. Mais les grands yeux de Jessica Harper et ses rêves de ballerine, plutôt que de renvoyer le spectateur au monde merveilleux de Walt Disney, sont contrebalancés par le travail esthétique d'Argento qui instaure un climat d'anxiété par l'emploi de couleurs violentes. Le rouge, le bleu et le vert se succèdent et parfois s'entrechoquent pour mieux nous déstabiliser en créant des zones de tension et parfois laissant présager un inconnu terrorisant, plus à même de glacer le sang que n'importe quel meurtre violent.
             D'une beauté extrême, le film atteint des sommets d'un point de vue purement sensoriel. Argento nous éblouit avec des couleurs chatoyantes et fait penser aux grandes heures de Mario Bava tout en les sublimant par son emploi parfait de la lumière. Sa caméra navigue dans des décors somptueux, se servant habilement d'une architecture aux courbes qui semblent mener toujours vers de multiples horreurs et dont les motifs baroques menacent sans cesse la fragilité de l'héroïne. La musique répétitive, dont le volume augmente toujours progressivement pour finir par devenir assourdissant, en devient hypnotique et plonge le spectateur dans cet état de rêve pour le rendre plus réceptif au film.
             Beaucoup de spectateurs ne seront pas sensibles à l'expérience qu'est ce film. Délaissant la conception classique du cinéma, qu'il soit de genre ou non, et son domaine de prédilection qu'est le giallo, Argento prend des risques en signant une oeuvre avant-gardiste et proche du surréalisme, optant pour une narration de l'inconscient plutôt que de celle d'un récit auquel spectateurs et réalisateurs sont plus habitués. Pour ceux qui arrivent à s'approprier les spécificités de ce cinéma là et à entrer dans ce paysage  et cette logique cauchemardesques, Suspiria provoquera des sensations uniques.

Publié dans Cinéma

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Cachou 07/07/2010 11:55


^_^


Cachou 07/07/2010 11:45


(c'est moi qui ai eu le dernier mot?)(wouaaaaaaaaah)


the idiot 07/07/2010 11:53



Je te laisse cet honneur. (Pour une fois, hein. Que ça ne devienne pas un habitude).



Cachou 07/07/2010 11:33


bIeN


the idiot 07/07/2010 11:36



Bon, d'accord.



Cachou 07/07/2010 11:31


Ou bien...


the idiot 07/07/2010 11:32



Bien ou bien?



Cachou 07/07/2010 11:02


Oups, râté alors...


the idiot 07/07/2010 11:31



Tu caches des bouts de cadavre dans ton frigo ou bien?