Sorties cinéma et DVD, février 2012

Publié le par Marc

Quand je parle de cinéma, j'en parle avec passion

Que nous réserve donc ce mois de février outre évidemment des températures polaires peu encourageantes à l’excursion jusqu’au cinéma le plus proche (sauf aux vrais hommes sculptés d’après le modèle Kurt Russell) ? Contre toute attente, la récolte 02/12 est plutôt bonne. En guise de mise en bouche je vous propose cette grosse crétinerie de Tucker & Dale fightent le mal qui, s’il se montre à la hauteur de la bande annonce et de son titre, promet quelques moments plutôt fendards. En matière de plat principal vous ne manquerez évidemment pas de goûter à La Taupe, adaptation du roman de John Le Carré Tinker Tailor Soldier Spy dont la bande annonce alléchante de classicisme maîtrisé et la campagne publicitaire en forme de rouleau-compresseur vous auront sans doute déjà décidé à y planter avec gourmandise votre fourchette. Pour les quelques âmes réticentes, je vous rappelle simplement qu’il s’agit du nouveau film de Tomas Alfredson, auteur de l’excellent Morse grâce auquel il nous avait déjà démontré sa capacité à renouveler un genre. Reste à vois ce qu’il fera du film d’espionnage à tendance thriller. Perso, je me lèche d’avance les babines. Autant aller le voir puisqu’il faudra ensuite attendre jusqu’à la fin du mois pour se resservir, Martha Marcy May Marlene concocté par un certain Sean Durkin nous assurant notre dose mensuelle de cinéma indépendant américain (et oui, il y en a encore qui regardent avec un certain espoir de par ces horizons là). Côté DVD, Noël étant passé par là, la cascade acharnée de nouveautés, de coffrets et de rééditions en tous genres s’est quelque peu calmée. Restent les éditeurs sérieux qui poursuivent leur travail et notamment Carlotta qui sort Portrait d’une femme déchue, le premier film jusqu’alors inédit de Jerry Schatzberg (réalisateur méconnu de ce qu’on s’obstine à appeler le nouveau Hollywood à qui l’on doit les excellents Panique à Needle Park et L’Epouvantail), exploration de l’univers de la mode (dont est issu Schatzberg, photographe avant de devenir cinéaste) ainsi que du doux visage de la Bonnie de Clyde (aka Faye Dunaway).

Mais ce n’est pas tout. Je vous ai gardé la cerise sur le gâteau pour la fin. Sorti depuis le premier du mois, février annonce surtout le retour de Big John Carpenter avec, enfin, la sortie française de The Ward. Là par contre, je me fâche. Un film de Carpenter (et pas un simple téléfilm à la mode Masters of Horror) qui sort directement en DVD ? Où va le monde ? Que font les distributeurs ? Que les récentes purges d’un Dario Argento ou d’un Romero se retrouvent d’emblée dans les bacs à solde, cela se conçoit, mais Carpenter, auteur de chef d’œuvre sur chef d’œuvre dont la filmographie doit faire partie de celles qui ont souffert le plus grand nombre de remakes ces dernières années, c’est plus possible. Je sais bien que le jeune public n’est plus demandeur d’un Prince des ténèbres, qu’il préfère le traitement réservé par Rob Zombie à Halloween, qu’il ne comprend rien à la qualité exceptionnelle d’un film fauché comme Assaut parce qu’il n’a aucune notion de la mise en scène. Mais bordel de merde, à brader du Carpenter vous enlevez tout espoir de rehausser le niveau, condamnant l’amateur de films d’horreur à affronter les pires bouses imaginables sur grand écran (et en 3D, cela va de soi). Vous me direz que The Ward a eu de mauvaises critiques, mais ça a toujours été le cas avec les films de Carpenter. Et dix ans plus tard les mêmes connards crient tous au chef d’œuvre. Alors vous savez quoi ? Je vais m’enfermer au chaud chez moi et je vais regarder The Ward et tous les vieux films de mon pote John en boucle. Et le cru dont je vous parlais ? Ben je vais le picoler dans mon coin. C’est bien fait pour vous, il fallait aller voir de bons films et on aurait eu le plaisir de découvrir The Ward projeté sur grand écran avec une belle copie 35mm. Le premier que j’attrape à acheter une place pour Underworld : Nouvelle ère ou La Menace fantôme en 3D, il va se prendre une rouste je vous dis pas. Non mais, je vous jure…


Portrait d'une femme déchue, un film de Jerry Schatzberg disponible en DVD aux éditions Carlotta

The Ward, un film de John Carpenter disponible en DVD aux éditions Seven Sept

Publié dans Nouvelles du front

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