Sorties cinéma et DVD, décembre 2011

Publié le par Marc

It's the final countdown

C’est la dernière ligne droite avant le réveillon et une nouvelle année qui, je l’espère, nous réserve autant de bonnes surprises que celle qui se termine. Ne reste donc plus qu’une trentaine de jours pour qu’un ou deux films viennent troubler l’ordre établi des meilleurs souvenirs de 2011. Le problème c’est que semaine après semaine, les listes de sorties semblent bien peu engageantes.

Steve McQueenCe mois de décembre commence pourtant fort avec, dès le mercredi 7, le deuxième long-métrage de Steve McQueen (qui n’a rien à voir avec l’incarnation de la virilité que vous pouvez apercevoir ci-contre), déjà coupable d’un Hunger plutôt prometteur bien qu’imparfait. Shame, avec son héros accroc au sexe, nous promet 90 minutes libidineuses et esthétisantes qui, conjuguées à un récit introspectif sur fond de drame familial, nous permettent d’espérer la confirmation d’un jeune talent. Je ne sais pas trop quoi en attendre, mais je suis décidé à ne pas le rater. (Confession intime : oui, j’ai loupé Sleeping Beauty, mais en ma défense il ne passait plus que dans six salles sur Paris dès la deuxième semaine d’exploitation et j’ai fait deux concerts la semaine de sa sortie. Nul n’est omniprésent, ni parfait.)

Happy Feet 2, bien qu’il soit signé par George Miller (la trilogie Mad Max, tout de même) j’attendrai qu’il passe à la télé, et en ce qui concerne le dernier Polanski, Carnage, ça fait malheureusement plusieurs dizaines d’années que son auteur ne nous a rien offert de bien probant. Je garde de pénibles souvenirs de cinéma concernant La neuvième porte. Une fois oubliées les acrobaties dont Tom Cruise nous gratifiera certainement dans le quatrième volet de Mission Impossible, dont le risible sous-titre Protocole fantôme fait penser au pire de la série B, ayant soigneusement décliné l’invitation d’un ami gênant à découvrir le film de Noël d’un Scorsese qui s’enfonce de plus en plus dans la médiocrité, nous voilà déjà arrivés au 21 décembre pour la sortie de A Dangerous Method, le nouveau né de David Cronenberg.

Bien que le sujet, la relation entre Sabina Spielrein, Carl Jung et Sigmund Freud, semble propice à l’exploration des thématiques principales de Cronenberg, au vu de ses dernières réalisations (A History of Violence, Les Promesses de l’ombre) et d’une nouvelle et ennuyeuse fascination pour des acteurs insipides, je ne place pas beaucoup d’espoirs dans le résultat final. Mais tout le monde peut se tromper n’est-ce pas ? Croisons les doigts et, avec un peu de chance, tels des vierges effarouchées, nous frémirons à notre tour devant le sourire narquois du beau Viggo Mortensen. Ce qui est certain (et inquiétant à mon sujet) est le fait que si je trouve quelque chose de bandant dans A Dangerous Method, ce sera précisément ce que les dites-vierges effarouchées fuiront au beau milieu de la projection. Ah ! Rendez-moi donc l’érotisme troublant et subversif d’un Crash, d’un Faux-semblants ou d’un Vidéodrome, bordel !

Faux-semblants

Et ensuite ? Ben pas grand-chose à vrai dire. Peut-être me retrouverais-je dans une salle obscure à admirer une quelconque production minimaliste venue d’un pays dont je ne soupçonnais jusqu’alors pas même l’existence, mais il est plus probable que je sois posé sur mon canapé à digérer la dinde et à vomir le Sauterne, mon regard se perdant dans un lointain avenir contemplant bêtement l’écran de mon ordinateur pour vous apporter de bonnes nouvelles et dresser une liste des sorties à guetter pour l’année à venir. C’est du moins dans mes intentions, mais je ne vous ferai pas de promesses impossibles à tenir.

Internet killed the video star

Shotgun StoriesRare certitude dans ce monde qui fout le camp : mon banquier ne m’engueulera pas pour avoir acheté trop de DVDs ce mois-ci. La situation serait pourtant cocasse. Seule petite pépite que j’ai bien envie de découvrir ; Shotgun Stories, le premier film du très estimé Jeff Nichols (je vous parle de son deuxième film dans un mois, Take Shelter étant l’un des films que j’attends de pied ferme). Toutefois, puisque vous savez apparemment lire, jetez donc un coup d'œil aux deux publications suivantes. Le premier, La Parade est passée de Kevin Bronlow est une histoire du cinéma muet mettant l'accent sur l'esprit pionnier des réalisateurs de l'époque. Le second,En un clin d'œil, est une théorie du montage signé par nul autre que Walter Murch, monteur attitré de Francis Ford Coppola. Pour le reste, j’attends de voir ce qui m’attend sous les boules (du sapin). On se donne rendez-vous fin décembre pour le bilan 2011 ? Je vous concocte une belle liste des films qui m’ont passionné cette année et, si je me sens en forme, je cracherais peut-être même ma haine sur un ou deux succès que j’estime lamentables ou que je n’ai tout simplement pas vus. Des noms ? Il vous faudra vous armer de patience mes amis. (Je sais bien que c’est un peu court, mais que voulez-vous ? Qu’on nous sorte de bons films et j’en parlerais avec plaisir !)


La photo de Steve McQueen est de William Claxton

Shotgun Stories, un film de Jeff Nichols, disponible en DVD aux éditions Potemkine/Agnès B

La Parade est passée, un livre de Kevin Bronlow, traduit de l'américain par Christine Leteux, disponible aux éditions Actes Sud

En un clin d'œil, un livre de Walter Murch, traduit de l'américain par Mathieu Le Roux et Marie-Mathilde Burdeau, disponible aux éditions Capricci

Publié dans Nouvelles du front

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Marc 25/12/2011 13:36


Addendum : Depuis que j'ai découvert la bande annonce de Bruegel, le moulin et la croix de Lech Majewski je me dis qu'il y a un nouveau prétendant sérieux au top 5 de l'année.

mymp 09/12/2011 13:50


Complètement d'accord sur Cronenberg, celui-ci n'arrive plus à retrouver la magie trouble de ses grands chefs-d'oeuvres d'antan (avec la trilogie sacrée Faux-semblants, Le festin nu et Crash). A
dangerous method ne m'enthousiasme guère non plus, j'irai parce que Cronenberg a contruit une partie de ma cinéphilie à l'époque de ma jeunesse, mais franchement, je ne vois pas trop où je vais
arriver à prendre du plaisir devant ce film qui m'a l'air affreusement académique (et les premières critiques ne sont pas spécialement enthousiastes).


En revanche, je veux citer Two gates of sleep (qui sort le 14 décembre) et qui a l'air juste sublime (la ba me fait déjà pleurer de bonheur !). J'attends ce film depuis presque 2 ans et j'espère,
maintenant qu'on veuille bien le distribuer en France, ne pas être déçu.

Marc 10/12/2011 12:54



Bon, tu m'as vendu Two Gates of Sleep dont je n'avais pas du tout entendu parler jusqu'à maintenant. Ca rappelle beaucoup Malick, peut-être un peu Herzog. Et oui, Cronenberg, on le
respectera toujours pour ce qu'il a fait, mais s'il continue à nous servir de la soupe, il y a un moment où je vais arrêter de me déplacer pour voir ses films.



Cachou 04/12/2011 14:36


Comme tu t'en doutes, je ne suis pas du tout d'accord avec tes râleries sur Polanski, dont j'ai adoré "La neuvième porte" (certainement un de mes films préférés, et ce encore plus après analyse
du livre et du film conjointement pour un travail universitaire), et Cronenberg, dont j'ai également adoré "A history of Violence" et "Les promesses de l'ombre", peut-être même plus que d'autres
de ses films, que j'aime pourtant déjà énormément.


 


Par contre, j'attends également "Take Shelter", tout en sachant pertinemment bien qu'il ne passera pas ici.

Marc 04/12/2011 21:13



Le dernier Polanski n'avait vraiment pas l'air passionnant, celui-ci déjà plus grâce à la présence de John C. Reilly. Ses derniers films, à l'image d'ailleurs de ceux de Cronenberg me parraissent
trop lisses, maîtrisés. J'aime bien la folie qui se trame sous Le Bal des vampires par exemple. Cronenberg je pense qu'on en a déjà parlé. Ses vieux films me parlent beaucoup plus que
ses derniers qui, je trouve, prennent trop de racourcis et où le caractère viscéral de sa mise en scène est largement estompée. J'avais pourtant bien aimé A History of Violence et
Les Promesses de l'ombre quand je les ai vus au cinéma, mais je trouve qu'ils supportent mal un second visionnage, alors que Crash ou Faux-semblants me fascinent
toujours autant par leur érotisme morbide et les drames que traversent leurs personnages.