More Brains!

Publié le par the idiot

ou des zombies chez Kitano…

 

Kitano 1

 Récits d’un voyage dans les méandres de la culture

vol.6

 

Avant qu’il n’y ait de malentendu, je vais tout de suite préciser que non, je n’ai pas découvert un chef d’œuvre oublié de ce grand fou de nippon qu’est Takeshi Kitano où s’affrontaient zombies et yakuzas dans un Tokyo sublimé des années 1980. De film de zombies, je vais en parler dans quelques instants, mais chaque chose en son temps. Vous n’êtes pas pressés quand même ?

Kitano 3Le zombie chez Kitano, c’était moi (et quelques potes) lors d’une visite à l’exposition Gosse de peintre qui se tient à Paris, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, jusqu’au 12 septembre prochain. Aller voir les œuvres de Beat Takeshi relevait déjà de la folie douce, alors y aller en souffrant d’un manque flagrant de sommeil et d’abus répétés d’alcool, ça avait tout l’air de relever de la connerie personnifiée. Pourtant cette exposition est passée comme une lettre à la poste malgré la présence de nombreux affreux nabots, le genre de truc qui me transforme généralement en vieux con de la vieille. Les gosses, pour une fois, étaient calmes, occupés qu’ils étaient à jouer aux activités mises en place par l’artiste, allant du casse-tête qu’est la Tour de Hanoi à du dessin sous influence sonore en passant par le fusil d’assaut à peinture pour les heureux gagnants d’une loterie. Le hasard est un élément qui se retrouve d’ailleurs dans de nombreuses œuvres présentées ici par Kitano, qu’il s’agisse d’une représentation de l’artiste (Pollock en l'occurence) ou de l’explication de phénomènes comme la création du monde ou l’extinction des dinosaures. Délaissant les installations du rez-de-chaussée, le visiteur peut découvrir au sous-sol les tableaux réalisés par Kitano depuis le milieu des années 1990. Ce qui marque est la couleur employée qui m’a plongé dans un monde proche du cirque, et donc de l’enfance. Tout est un jeu pour Kitano (à l’image de ce qu’il fait à la télé japonaise) qui s’amuse à hybrider les animaux, entre eux ou avec d’autres objets. Cette facette de l’artiste, à mi-chemin entre pop-art et surréalisme, est très différente de celle que l’on peut voir à l’œuvre dans la majorité de ses films et contribue à faire de lui un personnage encore plus fascinant.

TarmanDes vrais zombies (enfin, des vrais, je vous rassure c’était en faux) j’ai eu le plaisir d’en voir quelques jours plus tôt en me repenchant sur ce petit bijou de film d’horreur qu’est Le Retour des morts vivants. Bon, film d’horreur n’est pas forcément le terme le plus adéquat, parce qu’à la vision de cet ovni on passe plus de temps à se fendre la poire qu’à se cacher sous le lit. Ça, et gueuler It’s party time ! à tue tête sur une bande originale composée à base de pyschobilly, empruntant entre autres au répertoire (oh combien riche) des Cramps. Ce film, en forme d’hommage à la fondatrice Nuit des morts vivants de George A. Romero, est avant tout un bon gros délire gonzo qui regorge d’idées géniales. Des zombies blagueurs et malicieux, réclamant plus de flics et plus d’ambulanciers par appel radio, des papillons épinglés sur un tableau qui reviennent à la vie et qui papillonnent (ben oui, ils vont quand même pas se mettre à bouffer les gens, c’est pas réaliste voyons), deux crétins finis qui paniquent comme une pétasse à gros nibards poursuivie dans une maison vide par un psychopathe agitant une lame longue et acérée. Enfin bref, on se marre du début à la fin et on s’en sort en se disant que le cinoche punk qui nous a offert Killer Klowns From Outer Space, Street Trash et Repo Man, c’était quand même vachement bien. Petite pensée pour Dan O’Bannon au passage, qui nous a quitté fin 2009 et qui avait tout de même signé le scénario du Alien de Ridley Scott. Je me dis que s’il l’avait réalisé, le film aurait été très différent.

Evil Dead 2Autre délire gonzo des années 1980, le toujours grandissime Evil Dead 2. Putain, qu’est-ce que je pouvais admirer Sam Raimi avant qu’il ne se perde dans l’univers Marvel auquel je ne comprends décidemment plus rien. Oui, un Tobey Maguire qui joue à Tarzan dans la Grosse Pomme, c’est rigolo, mais un Bruce Campbell qui s’en prend plein la gueule pendant une heure et demie, avec des angles de prise de vue venus d’ailleurs, ça l’est quand même beaucoup plus. Surtout qu’ici, le Bruce Campbell est au sommet de sa forme, distillant grimaces et acrobaties à chaque seconde, gueulant comme un taré-dément (oui les deux !) et faisant en gros n’importe quoi dès qu'il sent l'objectif de la caméra braqué sur lui. Même si je préfère encore Army of Darkness, le gore est plutôt sympathique et le rythme du film est très bien géré. Les scènes plus lentes où l’on assiste à un pétage de plombs en règle d’un Ash poussé à bout instaure une belle ambiance et le second degré évident des retournements de situation permet d’éviter de tomber dans le film d’horreur cliché. Puis la scène de la main possédée restera à jamais dans les anales… Who’s laughing now ?

Pour finir, restons dans le gonzo avec le chef de file, l’instigateur de la chose, j’ai nommé The Outlaw Journalist Hunter S. Thompson. Auteur du roman culte Las Vegas Parano, journaliste chez Playboy, Rolling Stone Magazine et d’autres canards divers et variés, Thompson sortait en 1991 (et en privé) une collection de trois nouvelles sous le titre  énigmatique de Screw-Jack. La première nouvelle, « Mescalito » est caractéristique du gonzo (un courant journalistique qui préconise la subjectivité et l’implication de l’auteur dans ce qu’il écrit), étant une description d’une nuit passée à lutter contre les effets d’acide et de mescaline. En attendant qu’un ami vienne le sauver de sa démence, le narrateur souffre, s’imaginant devoir monter le lendemain dans un avion, chose qui le réduirait sans doute à l’état d’un légume incontinent. Les deux autres nouvelles « La Mort d’un poète » et « Screwjack » adoptent un mode narratif plus classique et sont teintés d’un humour sombre, voire morbide. Tout au long du recueil le Fear & Loathing, expression chère à Thompson désignant ce sentiment de paranoïa qui l’envahit lorsqu’il est déchiré ou en la présence de Richard Nixon, se fait sentir et fait de ce court texte un élément indispensable à la compréhension de la vision politique de l’auteur, une vision alimenté par le sentiment d'une menace planant toujours audessus de nos têtes, d'une puissance cherchant à nous contrôler parce que notre liberté fait peur.

Hunter-S.-Thompson-1.jpg

Et quel rapport entre toutes ces divagations ? Je vais vous répondre encore une fois, BRAINS ! A l’image de cette sculpture de Takeshi Kitano qui nous tend son cerveau, au travers de la drogue, que cherchait à faire Hunter S. Thompson si ce n’était mettre le sien en veille ? Rapport intéressant entre ces deux gars, l’obsession de Kitano pour le suicide et le fait que Thompson se soit fait sauter le caisson. Des morts qui en veulent plus que les vivants, c’est assez symptomatique du désir des gens à se bouger le cul et à faire évoluer les choses. On se rend compte de ce qu’on a quand on l'a enfin perdu et tout ça… Send more paramedics !

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Zabeille 29/06/2010 02:41


Un bébé à tête de mouche !! Comme ça doit être glauque !!
Et c'est quand que tu ponds un nouvel article là ?


the idiot 29/06/2010 10:44



Non, le bébé à tête de mouche était mignon. Du calme, ça vient. Je suis un peu crevé en ce moment, mais je songe peu à peu à m'y mettre. Le tout c'est que des gens arrêtent de me proposer d'aller
boire un coup...En fait, je me fais désirer mais il faut pas le dire!



Bruce Kraft 26/06/2010 08:56


Oh oui...punissez moi j'ai été trés vilain!!Mdr!!


the idiot 27/06/2010 10:42



C'est qu'il aime ça le bougre!



Zabeille 23/06/2010 02:55


Sous le coup de la fatigue, elle à bon dos celle-ci !! Héhé ! Je veux l'hippopocarpe !!!


the idiot 23/06/2010 10:37



Il y avait plein d'autre animaux rigolos, et un bébé à tête de mouche qui faisait un peu flipper.



Cachou 22/06/2010 19:16


Oh, purée, comme il essaie de se rattraper après m'avoir traitée de pimbêche, l'ôt'! Pffff, c'est tonteux...


the idiot 23/06/2010 10:35



N'est-ce pas? A mon avis, il mérite une bonne correction



Bruce Kraft 21/06/2010 22:15


@Cachou: est une pimbèche doublée d'une voyeuriste malsaine...MDR!!! Cachou, je sais que tu es "l'oeil de Moscou" et pis c'est pas méchant!! Je dirais même que c'est cool quand quelqu'un a du
bagout comme toi!!

@The idiot:je ne suis pas taquin mais con...Mdr!! Bon, concernant Kitano je dois avouer que son univers est tellement vaste que s'en est démentiel. N'oublions pas qu'en plus le bonhomme n'a pas du
tout la même image en Europe que dans son propre pays..Là bas on le connait plus burlesque encore que chez nous!!La faute à ses polars largement diffusés en Europe..


the idiot 22/06/2010 19:05



Le côté burlesque c'est un peu comme ça qu'il s'est fait connaître. C'est justement le sujet du livre que je suis en train de lire. C'est vraiment intéressant. Je t'en dirai plus une fois que je
l'aurais fini.