En bref : The Dark Knight Rises de Christopher Nolan

Publié le par Marc

The Dark Knight Rises
The Dark Knight Rises
Réalisé par Christopher Nolan
(2012)

Christopher Nolan a pris l’habitude ces derniers temps de nous servir de la soupe. Pas une soupe fine, ni une soupe consistante. Tout simplement de la soupe. On aurait cru qu’avec l’expérience il se serait amélioré, qu’il serait passé du niveau potage en boîte Knorr à celui du velouté fait maison. Or il n’en est rien et sa nouvelle concoction repose sur exactement la même mécanique que ses efforts précédents, souffrant donc des mêmes limitations et d’un sentiment pénible de déjà vu. Faisant preuve de bonne volonté, on plonge tout de même sa cuillère dans le liquide onctueux, presque trop lisse, et on goûte. Evidemment c’est fade, ennuyeux comme de la salade verte. Le cuisinier a encore négligé la première leçon de sa profession ; choisir des ingrédients de qualité. Privées d’assaisonnement, le peu de saveurs qui tournoient sous notre palet tombent cruellement à plat ; on distingue trop facilement les différents éléments qui composent ce mélange barbare. Mais c’était à prévoir ; il ne fallait pas laisser les assiettes dernier-cri ni les sets de table décalés nous tromper. Même si les convives autour de la table semblent apprécier cette mise en scène, il est clair que nous sommes tous présents pour bouffer du cérémonieux jusqu’au bout de la nuit, que la nausée qui s’empare peu à peu de nous devra être maîtrisée un long moment encore. Car ces légumes avaient quelque chose de rance qui se révèle par un arrière-goût amer et bien connu. La puanteur du conservatisme pointe son nez. On voudrait croire que la recette souffre bêtement d’une composition malheureuse, que le mélange de navet et de caviar ne suffit pas à rendre plus sophistiqué un plaisir rustique, mais il devient indéniable, alors que les regards embarrassés se croisent, que les ingrédients étaient pourris. On hésite à s’excuser de table, à profiter de l’occasion pour échapper une bonne fois à cet enfer, mais voilà que notre hôte se prépare à offrir un deuxième service. Il serait malvenu de partir maintenant, alors on reste, et à notre grand étonnement tout le monde semble prêt à en reprendre, à en ravaler. Ont-ils déjà oublié les désagréments d’il y a quelques minutes ? N’ont-ils pas conscience de ce qu’ils nous obligent tous à endurer ? Dégoûté, je tends mon assiette, car je ne voudrais pas que l’on me taxe encore une fois de snobisme, et je regarde le liquide réchauffé et vénéneux la remplir inexorablement. Encore une fois, je me dis « plus jamais », mais je sais bien que je n’aurais pas le choix et que, bien que cette vieille maison agonisante qu’est Hollywood n’a pour l’instant rien de mieux à m’offrir, contre le bon sens je garderai espoir de la voir retrouver sa gloire d’antan.

Publié dans Nouvelles du front

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