Comme le chantait Phil Lynott …

Publié le par the idiot

Guess who just got back today?

 

Récits d’un voyage dans les méandres de la culture

 

Désolé fidèles lecteurs de vous avoir tant manqué, et que mes détracteurs excusent mon retour aux affaires ! Ben quoi, on ne vous a donc jamais parlé de phrase d’accroche ? Après plus d’un mois d’absence due à une vie mouvementée faite d’activités alcoolisées et de chevilles enflées, mais aussi à une certaine lassitude vis-à-vis de ce que j’écrivais, j’ai décidé de remettre ça tout en travaillant avec une autre forme. Les chroniques commençaient à sérieusement me gaver et je me voyais dans l’impasse, n’ayant qu’une envie, celle d’enterrer ce projet qui m’a pourtant fait passer de bons moments tout au long de l’année qui vient de s’écouler et qui a été à l’origine de rencontres enrichissantes.

J’ai un peu délaissé le cinoche ces derniers temps, je n’ai aucune idée quant aux raisons de cette prise de distance. Certains vous diront qu’entre la culture et moi c’est comme une histoire d’amour et que, comme dans toutes les relations, il y a des moments de ras-les-burnes quand on a besoin de prendre l’air. Histoire de péter tranquille, sans qu’on vous engueule parce que ça pue sous la couette.

Elliott GouldJe commence néanmoins à me pencher sérieusement sur un réalisateur que j’ai sans doute trop longuement négligé, le grand – que dis-je – l’énorme Robert Altman. Construisant ses films comme un enchaînement de scénettes, passant de la tragédie à la comédie en un clin d’œil, le bougre a signé deux chefs d’œuvre que je viens seulement de découvrir. Si Short Cuts dissèque l’Amérique moderne de l’intérieur, faisant exploser à l’écran toutes les hypocrisies qui sommeillent dans les relations humaines, Altman y porte aussi un profond respect pour les efforts consentis par ses personnages qui essaient de rendre leurs vies meilleures. Servi par un casting de rêve (Robert Downey Jr, Julianne Moore, Jack Lemmon et Tom Waits entre autres) le film offre trois heures de bonheur visuel et d’émotion intense. MASH est une grande comédie et un grand film de guerre. Le duo Donald Sutherland/Elliott Gould (putain les handlebars !) est jouissif et l’humour est subversif à souhait. Un chouette et loufoque bras d’honneur adressé au puritanisme bureaucratique.

J’ai aussi eu l’occasion de revoir quelques films, notamment le chef d’œuvre de Michael Powell et d’Emeric Pressburger, Les Chaussons rouges. Datant de 1948, le film a un siècle d’avance sur son temps. Toute personne aimant le cinéma se doit de regarder la scène de ballet une fois dans sa vie car c’est une véritable leçon de montage, de trucage, de photo et de mise en scène. La copie neuve qui circule en ce moment est vraiment de toute beauté ! Autre film redécouvert, autre genre ; le cultissime road-movie avec vampires de Kathryn Bigelow, Aux Frontières de l’aube. Tour à tour cynique et romantique, le film reste à ce jour un des sommets du genre, bien loin des tantouzes crépusculaires qui polluent le mythe du vampire depuis quelques temps et qui finiront par réduire le prince de la nuit à une pauvre vamp décatie.

Kurt VonnegutCôté lectures, j’ai découvert plus en profondeur un auteur dont j’avais déjà parlé ici il y a quelques temps. Kurt Vonnegut est un putain de grand écrivain ! Après l’avoir découvert avec Abattoir 5 je viens d’enchaîner la lecture de trois autres de ses livres en un mois. Si Galápagos reste dans le domaine de la science-fiction, jouant avec l’idée que l’on se fait du progrès, Le Berceau du chat investit le terrain de la religion, de nos croyances et de leur absurdité totale. Nuit noire aborde enfin la période de la Seconde Guerre Mondiale sous un angle innovant, celui d’un espion américain s’étant fait passer pour un nazi pendant la guerre. Il s’agit de ses mémoires, écrits dans une prison israélienne alors qu’il est en attente de son procès. On y retrouve l’humour corrosif, marque de fabrique de Vonnegut, mais aussi une compassion profonde et inexplicable pour l’humanité. L’épigraphe de Galápagos, tiré du Journal d’Anne Frank, pourrait d’ailleurs servir à toute son œuvre : « […] je crois toujours, malgré tout, que les gens sont vraiment bons au fond de leur cœur. »

Autre lecture, et là on fait dans le torride, l’excellent Tropique du Cancer d’Henry Miller. Vivant à Paris dans la misère, mendiant quelques francs par ci et par là pour se payer de quoi boire et baiser, le récit est porté par une perpétuelle colère, que Miller parle de sexe, de beuveries ou d’une simple discussion amicale. J’ai rarement souligné autant de passages et marqué autant de pages dans un livre que je lisais pour mon propre et seul plaisir. Le langage reste cru même aujourd’hui alors que le livre date des années 1930 (sa publication a été interdite aux Etats-Unis et en Grande Bretagne jusqu’aux années 1960). L’histoire et le ton sont durs mais la colère de Miller, le sentiment de ne pas appartenir, de ne pas trouver sa place, reste d’actualité pour grand nombre de personnes, moi le premier.

Massey HallPour conclure, je vais parler d’un album que j’ai acheté ce matin et que je viens tout juste d’écouter. Je pense qu’il va squatter la platine pendant un bon bout de temps le Live at Massey Hall 1971 de Neil Young. Dans les Perfomance Series Archives j’avais déjà écouté le Live at Canterbury House 1968 qui m’avait quelque peu laissé sur ma faim. Cet opus par contre, enregistré juste après la sortie de After the Gold Rush et comprenant des titres des trois premiers albums du loner canadien ainsi que plusieurs morceaux de Harvest, est un concert acoustique exceptionnel, un véritable plaisir à écouter pour tous les fans de Neil Young à qui je le conseille fortement.

Voilà. J’espère que mes déboires musicocinématicolittéraires ne vous auront pas trop emmerdés et tout commentaire, critique et conseil sera grandement apprécié. Thank you for your time, you crazy bastards!

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Marc Shift 18/05/2010 15:24


Voila un retours qui fais plaisir, au plaisir de redébattre avec toi


the idiot 18/05/2010 22:39



Bring it on!



Bruce Kraft 17/05/2010 20:46


c'est le seul créneau que personne ne voulait prendre. Nous on a opté pour "Trentenaires, alcooliques et régressifs"


the idiot 18/05/2010 00:13



Oui mais moi je n'ai peur de rien! HAHAHA! Je suis bien trop con voyons.



Bruce Kraft 15/05/2010 09:03


Il était temps que tu reviennes car le créneau "J'suis un blogueur alcoolique et libraire" nous manquait!!

Merci encore de ta participation sur le forum et sur tout le reste!! Lol!!


the idiot 16/05/2010 13:27



Hahahahahaha, "j'suis un blogueur alcoolique et libraire"...



Aldrea 14/05/2010 14:45


Au moins tu n'auras pas perdu ton année! Très sympatique blog, au passage, que je me ferai un plasir de lire en entier une fois que la glandouille aura réintégrée ma vie.


the idiot 16/05/2010 13:26



Merci ma petite geekette! Je profite de quelques instants de répit avant de repartir au combat... Dur, dur le weekend.Quand t'auras quelques instants je te conseille aussi de jeter un coup d'oeil
sur le site Nadan dans mes liens, un autre pote qui fait de la BD et il y a des trucs vraiment bons (et sombres, faut pas déconner).



Sekateur 13/05/2010 19:39


En ce qui me concerne, je ne me suis pas ennuyé, vu que je ne connais rien des oeuvres présentées, mis à part Mash... Donc, je note mentalement. Après, j'oublierais sûrement... à moins que ?


the idiot 14/05/2010 11:30



Cool. Je vais essayer de continuer dans cette veine, peut être avec plus de digressions et de conneries. Ou pas, on verra.