Le Charme discret de la bourgeoisie

Publié le par the idiot

Le Charme discret de la bourgeoisie
(1972)
Luis Bunuel
Fernando Rey, Bulle Ogier, Jean-Pierre Cassel




                   Quatre amis arrivent pour dîner chez le couple Sénéchal. Surprise ; la maîtresse de maison les accueille et leur fait part de son étonnement, son mari est sorti et l'invitation était prévue pour le lendemain. Confus, ils s'en vont poursuivre la soirée dans un restaurant à proximité mais le patron vient de mourir et son corps repose encore dans le bâtiment. Ainsi commence Le Charme discret de la bourgeoisie, retour à un surréalisme brut pour Luis Bunuel après sa période mexicaine marquée par la dimension sociale.
                   Le film est jalonné d'occasions avortées par des arrivées à l'improviste, qu'il s'agisse de repas ou de coucheries, travaillant la figure de la répétition jusqu'à la rendre absurde. Les situations le sont souvent d'ailleurs, un couple s'échappant par la fenêtre de leur propre maison pour aller finir leur sauterie pendant que leurs invités les attendent, un ambassadeur faisant la cour à une jeune femme qu'il soupçonne d'être une terroriste ou encore un évêque quémandant un poste de jardinier.
                   La deuxième moitié du film est scandée par un entrelacement de rêves, où le désir de manger un bon dîner revient inlassablement, jusqu'à en faire oublier le spectateur à quel moment le récit à déraillé, où commence le rêve et où se termine la réalité. Enfin, le motif des six "bourgeois" marchant le long d'une route déserte nous plonge encore plus dans l'obscurité, tel un refrain, avançant sans cesse vers l'inconnu qu'ils savent être au bout de leur chemin. Un film étrange et irrévérencieux explorant la frustration de ceux qui ont l'habitude d'obtenir tout ce qu'ils désirent.

Publié dans Cinéma

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