Pulsions

Publié le par the idiot

Dressed to Kill
(1980)
Brian De Palma
Michael Caine, Angie Dickinson, Nancy Allen




                 S'il y a un réalisateur qui maîtrise l'art d'alterner le pire et le meilleur, parfois d'un film à l'autre, parfois au sein d'un même film, il s'agit sûrement de Brian De Palma. Mais avec Pulsions (un film au titre français qui, je vous le concède, est ridicule), le réalisateur américain signe une oeuvre parfaite à voir et revoir toujours avec le même plaisir. En ces temps de disette estivale, certaines salles ont la bonne idée de proposer des rétrospectives ou des programmations thématiques, c'est le cas au Racine Odéon à Paris qui, en ce moment diffuse une collection de films regroupés sous le nom alléchant d'Héritage du film noir dont celui-ci fait partie.
                 Pulsions, comme une grande partie de l'oeuvre de De Palma, est une réflexion introspective avouée sur le cinéma et la nature de l'image. Le film est donc ultra référentiel, et l'on y retrouve aussi bien l'amour bien connu pour Hitchcock qu'un goût prononcé pour le giallo italien. Et oui, les mains gantées de noir de l'assassin tranchant les gorges de ses victimes à coups de rasoir sont dignes des meilleurs meurtres mis en scène par Argento. De Palma joue avec l'image, avec le spectateur et avec ses personnages, créant des moments de tension mais aussi d'humour, tout en y prenant un malin plaisir.
                 La première grande scène du film qui se déroule dans un musée d'art moderne, où une Angie Dickinson en manque de reconnaissance et en pleine crise libidineuse poursuit un bel inconnu à travers les pièces et les couloirs, est une géniale démonstration de mise en scène qui, de plus, est tout sauf gratuite. La pauvre mère de famille qu'elle interprète va tourner en rond et inlassablement revenir à son point de départ, une trajectoire qui sert de leitmotiv à un film dont la construction repose sur des fondations en béton armé. Pulsions ne sera qu'une succession de ce genre de scènes, offrant un plaisir  visuel rarement atteint et en faisant sans doute le chef d'oeuvre de De Palma.

Publié dans Cinéma

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