If....

Publié le par the idiot

If....
(1968)
Linday Anderson
Malcolm McDowell, Christine Noonan, David Wood




              Avant la notoriété sinistre que lui a offert Stanley Kubrick avec son Orange Mécanique, Malcolm McDowell fut révélé au public par ce film au titre énigmatique de Lindsay Anderson, If.... . Anderson, alors âgé de 40 ans était un metteur en scène de théâtre et, comme beaucoup de grands réalisateurs anglais dont Peter Watkins, il avait fait ses preuves au cinéma en s'essayant au genre du documentaire. Son film s'inscrit parfaitement dans l'époque troublée de la fin des années 60 et laisse présager de tragédies encore lointaines.
              If.... se déroule dans un collège anglais, à ne pas confondre avec ce qu'on entend par collège en France. Ici des enfants tout juste sortis de l'école primaire sont réunis avec des adolescents et de jeunes étudiants dans un pensionnat dédié uniquement aux garçons. Le film décrit leur vie de tous les jours, les amitiés qui se forment, le bizutage et la vie scolaire, une hiérarchie régie par une poignée d'étudiants qui font la loi avec l'aide d'un membre de chaque classe. Ensemble ils se font les représentants d'un régime oppressif découlant de l'Etat et de l'Eglise
              C'est au cours d'une leçon d'histoire distillé par un professeur appréciant quelque peu la dissension que le film bascule pour la première fois vers des auspices révolutionnaires. McDowell joue le rôle du jeune Travis qui, avec deux amis, est le symbole d'un anticonformisme menaçant l'équilibre fragile dans laquelle berce le pensionnat. Pour l'arrêter tous les moyens sont bons et seront employés. Poussé à bout il lui viendra des idées d'une révolte sanguinaire.
              If.... navigue entre des plans en couleur et en noir et blanc, le réalisme des uns se heurtant à la nature plus figurative des autres. En effet, les plans en noir et blanc semblent nous faire entrer dans les fantasmes des personnages, fantasmes de liberté en ce qui concerne les jeunes et fantasmes d'ordre pour tout représentant du système établi. Construit en sept parties, comme les sept jours de la création, le film emprunte les codes des institutions pour mieux les détourner et ressemble à la fois à un cri de révolte et d'espoir. Si la révolte est toujours là, l'espoir, lui, s'est évanoui.

Publié dans Cinéma

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Bruce Kraft 04/08/2009 01:02

Censure?

the idiot 04/08/2009 03:47


Possible. Un tel film qui sort en 68...


Bruce Kraft 03/08/2009 01:40

Perso, je trouve l'affiche excellente et je dirais presque qu'elle donne envie de voir le film de par son côté énigmatique !!

the idiot 03/08/2009 12:11


Héhé, c'est vrai. Pareil pour le titre. Le film est excellent mais je ne sais même pas si il est sorti en France.