Six femmes pour l'assassin

Publié le par the idiot

Sei donne per l'assassino
(1964)
Mario Bava
Cameron Mitchell, Eva Bartok, Thomas Riener





                  Première oeuvre importante dans la carrière du maître italien, Six femmes pour l'assassin est un giallo de grande classe, puisant son inspiration aussi bien du côté de Jack l'éventreur que d'Agatha Christie. Mario Bava démontre tout au long du film son talent pour la composition et l'éclairage des plans, tous sublimes du début à la fin, mais aussi sa grande intelligence dans l'utilisation des couleurs. Bleus, rouges et verts presque saturés donnent au film une atmosphère particulière.
                  Au niveau scénaristique, Six femmes pour l'assassin est sans doute un des giallos les mieux écrits. Dans un genre où la force de l'image prime souvent sur celle de l'histoire, le grand atout de ce film est de savoir allier parfaitement ces deux aspects fondamentaux. Impossible de connaître l'identité de l'assassin avant les ultimes révélations, Bava s'amuse à brouiller les cartes et à mener le spectateur sur de fausses pistes. Les raisons de tous ces meurtres paraissent en fin de compte d'un cynisme à la hauteur de celui incarné par les personnages de La Baie sanglante, chef d'oeuvre postérieur du réalisateur.
                  Ce n'est pas parce que plus d'efforts ont été consacrés au scénario que le film en pâtit au niveau visuel. Les meurtres sont à la fois violents et inventifs, et le tueur qui hante le film masqué de tissu blanc est aussi charismatique qu'a pu l'être le Michael Myers de la grande époque. Les décors sont magnifiques et exploités à fond par Bava, la maison de couture recelant d'une multitude de curiosités comme ces mannequins en bois qui font preuve d'une présence menaçante tout au long du film. Le tout baignant dans des couleurs denses, on ne peut s'empêcher de penser au Suspiria de Dario Argento tant Six femmes pour l'assassin semble en être le modèle à ce niveau.

Publié dans Cinéma

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Bruce Kraft 24/06/2009 22:40

Je ne connaissais pas ce réalisateur mais je pense que je vais me pencher sur ce film. Ce que j'aime dans le "vieux" ciné c'est la capacité des réalisateurs de faire des chefs d'oeuvres poétiques sans effets spéciaux comme maintenant.

the idiot 25/06/2009 11:16


Les films de cette époque reposaient sur une atmosphère plutôt que des effets spéciaux foireux. Bava est le modèle de mecs comme Argento voir même Fulci par certains aspects. La différence entre
les réalisateurs de films genre des années 60/70/80 et aujourd'hui c'est qu'eux étaient de vrais metteurs en scène.