Antichrist

Publié le par the idiot

Antichrist
(2009)
Lars von Trier
Charlotte Gainsbourg, Willem Dafoe





              Voilà sans doute l'un des films les plus attendus de l'année 2009 depuis sa présentation houleuse à Cannes. Bon nombre de films ont fait scandale lors de leur présentation à ce festival, mais il suffit de voir celui-ci, ou La Grande bouffe de Marco Ferreri pour comprendre à quel point les savants critiques toujours prêts à cracher dans la soupe peuvent être à côté de la plaque. Antichrist n'est certes pas un film à conseiller à tout le monde, mais pour s'en apercevoir il suffit de bien lire le titre. Sans doute préférons nous tous voir Brad Pitt en lieutenant juif américain se défouler sur de méchants nazis plutôt que de s'embarquer dans un voyage vers le fond de la condition humaine d'où nous ne pourrons ressortir qu'avec des doutes et des interrogations.
              Antichrist s'ouvre sur une séquence magistrale qui fera date dans l'histoire du cinéma, de par sa photo sublime elle se fait l'écho de l'ouverture de Stalker d'Andrei Tarkovski à qui le film est par ailleurs dédié. La thématique principale pourrait d'ailleurs provenir de n'importe lequel de ses films, questionnant la frontière entre le bien et le mal lorsque rien ne semble avoir de sens. L'espèce d'huis clos dans lequel se retrouvent enfermés les deux uniques protagonistes du film les mène sur le chemin de leur propre déshumanisation, une déshumanisation amorcée par la perte de leur enfant et ancrée au point qu'ils n'ont d'autre nom pour les distinguer que "lui" et "elle".
              Le film se base sur de nombreux parallèles et échos, les thématiques de la perte et de la notion du bien et du mal refaisant souvent surface, mais son moteur principal est l'idée que toute souffrance ressentie par quelqu'un, dans ce cas une mère endeuillée, doit ressortir et être transmise, et ici c'est son mari qui en fait les frais. Les deux acteurs, Gainsbourg et Dafoe ont énormément de mérite pour le travail effectué dans ce film. Sans leurs excellentes performances, le spectateur ne pourrait sans doute pas endurer ce calvaire qui devient parfois insoutenable. Oeuvre à la fois captivante et bouleversante, Antichrist désarme son spectateur dans des conditions extrêmes pour mieux le confronter à ses propres démons.

Publié dans Cinéma

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alex 12/06/2009 11:58

enfin elle est plus forte physiquement, mais pas mentalement. Seulement Von Trier fait un peu toujours la même histoire de la femme désespérée, qui doit gerer deds choses plus lourdes qu'elle (accident de son mari, mort de son enfant etc). C'est un peu toujours le même refrain. Ce film a au moins une qualité, il ne laisse pas indifférent. Bien à toi

alexandre mathis 11/06/2009 12:34

(satané mise en page d'overblog!! tu as gané trois commentaires pour le prix d'un l'ami ;) ) Antichrist n'a pas une photgraphie si sublime au début du film, ce n'est rien de plus qu'un faux noir et blanc, musique baroque, rendant la mort d'un enfant poétique. Et pendant le pire des pecher, le SEXE!! les passages imagés dans la foret sont très beaux, mais au serive de quel fond? je ne parlerai pas des cris inscessants de Gainsbourg, ni de la voix d'outre tombe du renard. Je me souviens avec nostlgie d'n certain breaking The Waves, qui était en reprenant le même thème, était un peu moins manichéen, et savait dresser une sorte de portrait d'une société bloquée dans ses préjugés.

the idiot 11/06/2009 20:43


Hé l'ami, je ne crie pas non plus au chef d'oeuvre, comme toi je trouve Breaking the Waves mais aussi Dogville bien supérieurs. Je suis tout simplement heureux de voir un tel film
aller au bout de ses idées sans compromis et sans hésitations, bien que tout ce qui y est entrepris n'est pas réussi.
Je trouve par contre que taxer von Trier de mysoginie est un reproche un peu facile et lamentable. Certes la femme est porteuse de tares, mais si les deux personnages étaient parfaits il n'y aurait
tout simplement pas d'histoire à raconter. Il choisi l'un des deux. De plus la femme se révèle être un personnage bien plus fort que son mari au final...


alexandre mathis 11/06/2009 12:28

j'oubliais,

alexandre mathis 11/06/2009 12:28

c'est faire trop d'honneur à Von trier que de donner tant de fond à ce film. une nouvelle fois, la femme y est vue comme un objet de faiblesse. Il déforme des thèmes bibliques comme un islamiste se réaproprierai le coran. Certes les acteurs donnent d'eux, mais c'est une bien mauvaise image que de decerner un tel prix à C. G.