Wendy et Lucy

Publié le par the idiot

Wendy and Lucy
(2008)
Kelly Reichardt
Michelle Williams, Wally Dalton





            Wendy & Lucy est sans doute ce que le cinéma indépendant américain peut aujourd'hui offrir de mieux. A la fois atypique et purement américain, le film puise toute sa force dans sa concision à l'image d'une nouvelle, forme littéraire très pratiquée et perfectionnée aux Etats-Unis.
            Traversant l'Oregon pour aller en Alaska où elle espère trouver du boulot, Wendy fait penser aux personnages qui peuplent les romans d'un Kerouac ou d'un Steinbeck, déracinée, à la recherche de nouveaux repères. Elle voyage en la compagnie de Lucy, un labrador attachant avec qui elle entretient une relation très proche. Mais Wendy est aussi à l'image d'une Amérique plus contemporaine, sans-le-sou, elle se retrouve emprisonnée dans un bled à l'économie moribonde où la compassion semble avoir depuis longtemps cédé la place à une aigreur qui prend la jeune femme pour cible. En parfait bouc émissaire, l'étrangère qui a pris la liberté de laisser derrière elle la vie à laquelle elle était destinée,  Wendy suscite la jalousie et l'admiration. Parmi tous ceux qu'elle rencontre, la seule personne en qui elle trouve un véritable ami est celle qui la rejette au premier abord.
            Wendy & Lucy montre une humanité devenue esclave, non pas d'un maître mais de la notion même de richesse. Tout dans ce film se rapporte à l'argent, de la négociation entre Wendy et un garagiste pour fixer le prix pour dépanner sa voiture, en panne à 50 mètres de la station, aux clodos qui font la queue aux machines de recyclage de canettes pour récupérer les consignes qui ne leur serviront finalement qu'à vider d'autres bières dans une spirale toujours décroissante. L'affranchissement de Wendy ne la libère même de cette servitude puisqu'elle même fuit vers une mions grande pauvreté sur une route toujours dictée par l'argent dont elle finit par s'apercevoir qu'elle dépendera toujours malgré elle.

Publié dans Cinéma

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Cachou 30/09/2010 12:21



MAais tout à fait, on n'a pas du tout la même définition de l'esthétique d'un film. Celle de Wendy et Lucy ne me parle pas, l'image est trop cru, le montage ne m'a pas marquée. Et je ne dis pas
que TOUS les films socieux sont comme ça, juste ceux de la catégorie frères Dardenne et cie. C'est juste cette branche)là du film social que je n'aime pas. Le premier exemple de film social que
j'aime à me venir en tête est Dirty Pretty Things, que j'avais aimé et qui, lui, m'avait parlé. Pourtant il n'est pas optimiste non plus, mais il y avait une recherche esthétique, un scénario
élaboré, bref, des choses auxquelles me raccorcher, je n'ai pas eu l'impression d'être étouffée par ce film.
Et je ne dis pas non plus qu'il n'y a pas d'enjeu esthétique dans les films documentaires, bien sûr qu'il y en a et que certains sont même mieux construits que des films fictifs. Juste que donc,
cette branche du social encore, avec son esthétique crue, son montage souvent hâché, sa caméra souvent à l'épaule ne me plaît pas - justemet - du point de vue esthétique. C'est une manière
d'envisager le cinéma qui ne me convient pas du tout, dont l'esthétique ne me parle pas. Un peu comme l'autofiction française trash à la Rey et cie ne me parle pas en littérature.


On a tous je suppose ces critères qui font qu'on n'arrive pas à considérer comme de l'"art" certaines productions qui nous semblent dénuées de beauté, dont la recherche de l'auteur ne nous
convainc pas du tout, qui semblent vide du sens artistique que l'on recherche dans une oeuvre, dont la manière de faire parvenir un message par l'auteur ne nous parle pas. Ben pour moi, ce sont
les films sociaux de type misérabiliste. Pour toi, ça sera certainement autre chose, qui me plaira comme les films de Jeunet (rappelle-toi ce que tu as dis dessus, et pourtant moi je considère
que c'est de l'art, qu'il y a un vrai travail de recherche esthétique dedans, et même une transmission de message, comme la solitude des êtres différents dans "Amelie Poulain" ou l'amour
transgressif dans "La cité des enfants perdus").


Mais je ne considère pas être une mauvaise cinéphile si je n'aime pas ces films-là. Parce qu'il est impossible de tout aimer et que mes limites sont clairement posées pour ce type de films qui
utilisent des ressorts scénaristiques qui me font horreur et une esthétique qui me répulse (oui, ça me répulse carrément dans le cas des Dardenne).


 


Mais forcément, personne n'a la même définition de l'esthétique, personne n'inclut la même chose dans ce terme, autrement les philosophes n'auraient pas passé autant de temps à essayer de définir
cette notion. L'esthétique, c'est quelque chose de très personnel que l'on essaye de rendre universel en l'institutionnalisant dans les université, dans les académie, etc. Mais personne n'est en
mesure de dire "ça, ça et ça", c'est quelque chose qui doit parler au sens esthétique de tout un chacun. Certain inclueront dans la définition d'esthétique des actes qui ne semblent pas
appartenir à l'art pour d'autres et vice-versa. C'est trop personnel comme sentiment, comme perception, comme notion pour essayer d'en rendre un absolu partagé par tous. Et c'est justement ce que
je reproche à mes études, aux études littéraries, cinématographiques et d'histoire de l'art, cette impression qui est donné qu'il faut apprendre à aimer certaines choses pour rentrer dans la
"société" des gens de "bon goût", des gens qui "comprennent" l'art. C'est une volonté que j'exècre, parce qu'elle impose une vision du monde commune et oublie que, justement, nous n'avons pas du
tout la même perception du monde et que nous n'avons pas les mêmes goûts, pas la même histoire, pas la même sensibilité. De dire que pour être un bon littéraire, il faut savoir apprécier l'oeuver
de Flaubert ou Zola, c'est simplement dire: "si tu n'as pas les mêmes goûts littéraires que l'intelligentsia qui a décréter que ces auteurs représentaient la beauté littéraire suprême, c'est
juste que tu n'as pas bon goût et pas l'esprit assez affiné pour apprécier ces auteurs". C'est du terrorisme intellectuel. Tout comme de faire penser aux élèves que si l'on ne sait pas apprécier
les films d'Eisenstein ou de Truffaut, c'est que l'on n'est pas un vrai cinéphile et qu'on n'a pas appris à lire les films comme il faut. Je trouve ça affreux comme manière de voir le cinéma,
parce que c'est exclure les sensibilités autres que celles reconnues par le petit monde des cinéphiles universitaires. Ca ne m'intéresse pas de me dire des trucs pareil. Je n'ai pas le même passé
que mes professeurs, je n'ai pas le même parcours artistique, et je trouve ça affreux cette volonté d'imposer une manière de voir, comme si tout le monde devait découvrir les mêmes oeuvres en
même temps pour finir par avoir les mêmes goûts. Donc, non, je ne réponds pas à la définition du "bon goût" cinématogrpahique et je n'ai pas envie de faire rentrer ces films-là dans ce qui
constitue à mes yeux une esthétique abouti. Mon parcours fait que, pour moi, ces films-là sont dénuées de l'esthétique qui peut me parler, me toucher, m'émouvoir, m'amener à accepter un message.
Comme tu le vois, je continue de temps en temps à me frotter à ces films, mais ils continuent à me rebuter.



the idiot 01/10/2010 10:48



Donc, non, je ne réponds pas à la définition du "bon goût" cinématogrpahique et je n'ai pas envie de faire rentrer ces films-là dans ce qui constitue à mes yeux une esthétique abouti. Mon
parcours fait que, pour moi, ces films-là sont dénuées de l'esthétique qui peut me parler, me toucher, m'émouvoir, m'amener à accepter un message. Comme tu le vois, je continue de temps en temps
à me frotter à ces films, mais ils continuent à me rebuter.


 


Encore une fois, il ne s'agit pas du tout de ça, je ne suis pas entrain de te juger. Si je te dis ça, c'est uniquement parce que je pense que tu passes à côté de choses intéressantes dans ses
films et que c'est du à ton approche du cinéma plus qu'autre chose. On n'est pas censé passer un bon moment devant tous les grands films, au contraire ils sont souvent faits pour nous faire
souffrir, nous rebuter, nous choquer. Où est le mal là dedans si on ne considère pas le cinéma purement comme un divertissement?


 


Et c'est justement ce que je reproche à mes études, aux études littéraries, cinématographiques et d'histoire de l'art, cette impression qui est donné qu'il faut apprendre à aimer certaines
choses pour rentrer dans la "société" des gens de "bon goût", des gens qui "comprennent" l'art.


 


Ca ne se limite pas aux études, le monde entier nous demande de nous conformer à certaines normes. Maintenant les normes de l'université, même si j'en déteste la mentalité et la fermeture, je les
trouve plus intéressantes - et de loin - que celles du grand public. Mais à la fac tu es généralement confronté à des spécialistes qui connaissent très bien leur sujet mais qui n'ont que très peu
connaissances d'ensemble. J'aime le cinéma, le bon cinéma et j'arrive à accepter les oeuvres d'auteurs différents pour ce qu'ils sont, en apprécier les qualités et l'intérêt artistique malgré ma
propré sensibilité. Je reviens vite sur l'esthétique. Quand je parle d'une esthétique, je ne parle pas de ma propre sensibilité artistique, je parle d'une réflexion qui est batie par
l'organisation artistique du film (scénario, mise en scène, montage, composition des plans...), une réflexion cohérente et qui fait sens employant au maximum les outils qu'offrent le cinéma. Lis
mon article sur Salo ou les 120
journées de Sodome, j'y décris l'esthétique de l'ordre développé dans le film, chose à laquelle ni moi ni Pasolini lui même sommes attachés, mais qui fait sens dans le film. Les films de
Jeunet ou de Burton sont esthétisants à mon sens, les images sont belles mais vides de sens. C'est un univers créé avec des couleurs et des fromes très personnelles, mais ces images ne
participent pas à une construction de sens, juste à un dépaysement.


...comme si tout le monde devait découvrir les mêmes oeuvres en même temps pour finir par avoir les mêmes goûts.


 


Malheureusement c'est le cas, mais tout le monde découvre en même temps les gros blockbusters sans chercher plus loin. Mais ce ne sont pas des gens qui s'intéressent au cinéma, ils ne cherchent
que du divertissement. Je n'attends que de découvrir des cinéastes dont je n'ai jamais entendu, des films complètement hallucinés qui me font péter un plomb et m'apercevoir que oui, le cinéma est
aussi capable de faire ça! alors ce n'est pas avecdes films ultra classiques à la Eastwood que je vais trouver mon compte.



Cachou 30/09/2010 00:20



Mais en fait, ces choses sont intéressantes à tes yeux. Pas aux miens. Je pense que là est toute la différence. Moi je recherche autre chose dans cet art. Ce n'est pas l'aspect "témoignage" et
"vérité" que je recherche, mais celui de recherche esthétique. Je m'en fous qu'on me jette la réalité du monde à la gueule dans un film, la réalité du monde me vomit déjà assez au visage tous les
jours. Par contre de rentrer dans la tête d'un réalisateur, de toucher à son monde intime, de voir comme le monde se construit sous ses yeux, là est pour moi le réel intérêt du cinéma (et de la
littérature).


Teorema est dans cet aspect du monde lu à travers le regard complètement personnel et étrange de Pasolini. C'est une oeuvre personnelle, qui n'est pas là pour témoigner d'un état de fait mais
pour nous livrer une vision du monde "autre". Allemagne Année Zero a une toute autre démarche, qui n'est pas une démarche artistique à mes yeux, juste une démarche documentaire. Du coup, je
n'arrive pas à placer ce film au même niveau et à le voir comme une oeuvre artistique aboutie.



the idiot 30/09/2010 11:38



Depuis quand il n'y aurait pas d'ejneux esthétique dans le cinéma documentaire? C'est sûr que si on se limite à des reportages on risque pas d'en trouver mais si tu regardes des docs de MArker,
Herzog ou autre tu verras qu'on peut aussi concevoir le documentaire comme une forme d'art souvent plus aboutie que de nombreux films de fiction. Il faut arrêter de penser que le cinéma social
comme tu dis selimite à des témoignages, chez Loach ou les Dardenne on trouve une façon de representer le monde qui peut être ne te pait pas, mais qui n'en est pas pour autant moins intéressante
que d'autres. Je recherche autant que toi quelque chose d'ordre esthétique mais j'ai l'impression que l'on n'entend pas la même chose par ce mot.



Cachou 29/09/2010 19:56



Mais pourquoi est-ce que je ne peux pas le juger avec mes critères? Je ne cherche pas à être objective de mon côté, je parle uniquement et simplement de mon ressenti, de ce film par rapport à
moi. Je ne suis pas ici dans un lieu de critique destiné à un large public et ayant pour but d'être objectif ni face à un ensemble d'universitaires demandant une analyse objective. Je venais te
parler de ce film comme représentatif de ce que je t'avais dit ne pas aimer dans le cinéma social et que tu n'avais pas vraiment compris je pense. C'est d'ailleurs dans cet objectif-là que j'ai
laissé le premier comm ^_^.


En l'occurence, ce film-ci par contre n'est pas difficile d'approche, il se laisse regarder tout seul, autrement je n'aurais pas continué jusqu'au bout, et il se laisse analyser facilement. Le
message et les motivations du réalisateur sont clairs, sa mise en scène n'est pas assez élaborée que pour prêter à une analyse élaborée (ce n'est pas une critique, hein, quand je dis ça).


Certains films demandent certes plus de travail, mais certains d'entre eux, malgré leur difficulté, ont un effet hypnotique ou esthétique qui séduit et donne envie de faire cet effort. J'ai vu
assez de films que je ne voulais pas voir, analysé objectivement assez de films que je n'aurais pas rencontrés autrement pendant mes études, maintenant je privilégie mon plaisir, avec quelques
découvertes par-ci par-là. Par exemple, un "Teorema", aussi obscur et abscon soit-il, m'a fasciné sans que je ne sache expliquer pourquoi, et j'ai fait l'effort de me concentrer dessus et de me
laisser emporter par lui. Un "Allemagne: Année Zéro", que je rattache d'ailleurs à ce type de cinéma social que je n'aime pas, lui, m'a été des plus pénible, je n'en voyais plus la fin. J'en suis
venu à bout, mais l'analyse ne m'a rien apporté intellectuellement parlant et j'en garde juste un mauvais souvenir. Du coup, Teorema sera pour moi un bien meilleur film qu'Allemagne Année Zéro
(et je dois dire que même objectivement, j'ai du mal à percevoir ce dernier comme un chef d'oeuvre, mais passons, parce que le néo-réalisme et moi, on n'y arrive pas...).



the idiot 29/09/2010 23:15



Mais c'est justement là où tu te gourres. Théorème et Allemagne: Année zéro sont deux bons films, le problème n'est pas de savoir si l'un est meilleur que l'autre. Que tu aies
des préférences pour l'un, soit. Ce qui est intéressant si tu t'intéresses réellement au cinéma - et quand je dis cinéma je parle d'une forme d'art et pas d'autre chose - c'est de comprendre les
enjeux esthétiques, les différentes évolutions liées à certains films et réalisateurs, et de les mettre en perspective selon leur contexte historique (cinématographique et autre). Ce n'est que
comme ça que tu vas approfondir ta connaissance de cet art, sinon, pour moi, tu relègues le cinéma à un simple passe temps. Je comprends très bien les gens qui cherchent le divertissement au
cinéma, simplement je trouve dommage de s'arrêter à cet aspect. On passe à côté de quelque chose. Je ne disais pas que Wendy & Lucy est difficile d'approche, simplement que ton
approche te fera passer à côté de choses intéressantes parce que tu t'y fermes dès que quelques éléments de l'histoire ou de la mise-en-scène ne te plaisent pas. Ce n'est pas vraiment un
reproche, juste un conseil. T'en fais ce que tu veux.



Cachou 29/09/2010 11:21



Mais comme on a déjà pu le remarquer, on a une vision complètement différente du cinéma et on n'y recherche pas du tout la même chose.



Je peux te dire que pour moi, le message ne prévaut pas forcément sur la forme et que je préfèrerais toujours un réalisateur qui a su faire passer ce qu'il voulait dire sans forcer le trait. J'en
ai assez qu'on me prenne pour une imbécile incapable de comprendre une chose si on ne me donne pas A+B+C+D+.. pour la comprendre. A me suffit, B peut venir l'appuyer, mais le reste me semble
juste superflu. Alors oui, ce qui lui arrive arrive à d'autres, je ne le nie pas, j'en ai connu aussi, et mon père le premier qui se retrouve avec des emmerdes pas possibles et qui s'accumulent.
Mais ici, il ne faut pas oublier que ce n'est pas la vie, ce n'est pas un documentaire, c'est un film. J'ai trouvé beaucoup d'éléments inutiles pour prouver le propos, et donc cette accumulation
verse, pour moi (et j'insiste sur le "pour moi"), dans ce que je considère comme étant du misérabilisme, une complaisance dans le malheur que je n'aime pas. Donc j'admirerai toujours plus celui
qui me racontera une histoire en me laissant deviner ce qu'il a voulu dire que celui qui me matraque avec son propos jusqu'à ce que le chien du voisin d'à côté l'ai compris, tout comme j'aimerai
aussi plus celui qui arrive à ne pas voir tout en noir que celui qui montrera le monde comme une sombre merde dont on ne peut sortir. Je n'ai pas dit que ce film n'avait pas de valeur dans
l'absolu. Juste que moi, je ne lui en donnais pas autant que toi.


Alors maintenant, pour moi, un film, ce n'est pas seulement la manière dont c'est réalisé, c'est aussi l'histoire qu'il raconte. Les deux choses sont indissociables, et j'apprécierai toujours
plus un film qui a su allier fond et forme à un film qui privilégie l'un ou l'autre. Le cinéma, ce ne sont pas que de belles images, ce n'est pas qu'un beau récit, ce n'est pas que de la belle
musique, c'est un tout. Donc, oui, mon appréciation de l'histoire entrera dans mon appréciation du film. Et si je n'adhère pas à l'histoire qui est racontée, j'estime tout à fait normal de ne pas
adhérer au film en général, sauf s'il m'offre quelque chose de tellement consistant à me mettre sous la dent que l'histoire n'importe plus. Depuis quand c'est un mal que de dire '"je n'ai pas
aimé l'histoire qui m'a été racontée, donc je n'aime pas ce livre/ce film"?


Maintenant, je dois te dire que ce qui est très désagréable, c'est cette impression qui sous-tend tes propos. J'interprète peut-être mal ce que tu dis (difficulté d'internet et toussa, on en a
déjà parlé), mais j'ai l'impression que tu me reproches ma manière d'approcher les film parce qu'elle ne serait pas, je ne sais pas comme dire, "juste", "analytique", "intelligente" (ou
simplement celle mise en avant par le système universitaire/intellectuel qui, comme je te l'ai déjà expliqué, m'a irritée au plus haut point pendant mes études). Pour moi, le plaisir spectatoriel
que j'éprouve devant un film sera toujours l'étalon me permettant d'apprécier ce film. Si je n'éprouve pas de plaisir devant, je ne le considèrerai pas comme une réussite. Un film n'est pas une
oeuvre égoïste, c'est quelque chose fait pour être vu. Il est normal donc qu'il soit "apprécié" selon le plaisir que l'on a éprouvé à le voir. Ces d'ailleurs pour ça qu'il est impossible qu'un
film plaise à tout le monde et qu'une film qui est considéré comme un chef d'oeuvre par certains sera décrié par d'autres. Il n'y a pas de chefs d'oeuvres absolus, juste des oeuvres qui, comme
elles ont été appréciées par plusieurs groupes successifs y trouvant des choses différentes, ont fait qu'elles sont restées dans les mémoires, pareil que pour la littérature. Certains films
approtent un plaisir formel, d'autre un plaisir basique, d'autre encore un plaisir personnel, lié à des souvenirs, des anecdotes, etc. Ceux-là sont, pour moi, des films réussis. Ce "Wendy et
Lucy" ne m'a apporté aucun plaisir. J'en ai "apprécié" la mise en scène qui était correctement foutue sans qu'elle ne me plaise pour autant parce qu'elle ne correspond pas à mes goûts. Je n'en ai
pas apprécié le scénario pour les raisons que j'ai déjà expliquées et qui, selon mes propres critères, ne correspondent pas à ce qui est à mes yeux une bonne histoire (et encore, ma "définition"
de la chose est flexible, parce que je peux aimer une chose qui ne me plaît pas d'habitude si elle est bien amenée et bien construite - je n'ai pas trouvé que c'était le cas ici). J'ai apprécié
le jeu de l'actrice mais il n'a pas suffit à me faire oublier le reste. Donc, au final, je n'adhère pas à ce film. Je lui reconnais une certaine qualité formelle, mais qui n'a pas été suffisante
pour me plaire. Je le classe donc dans cette catégorie de films sociaux dont je te parlais qui te plaisent à toi, parce qu'ils correspondent à tes goûts et à ta vision du monde apparemment, mais
qui ne me plaisent pas à moi, pour les mêmes raisons.


Maintenant j'aimerais savoir en quoi cette démarche pour juger les films est mauvaise dans l'absolu et semble être, selon ce que j'ai l'impression de lire dans tes propos, moins bonne que la
tienne.



the idiot 29/09/2010 19:43



Simplement qu'il y a des films qui demandent plus d'efforts de la part de leurs spectateurs pour être appréciés que d'autres. Oui, il faudra souffrir pour regader du Bergman, s'accrocher comme un
damné à un film de Tarr, être patient devant un film de Tarkovski. Tout n'est pas aussi agréable à l'oeil que du Spielberg ou du Jeunet, et si tu ne t'ouvres pas à cette difficulté tu passeras à
côté d'un pan entier du cinéma qui à mon avis contient une grande quantité de chef d'oeuvres.


 


Ces d'ailleurs pour ça qu'il est impossible qu'un film plaise à tout le monde et qu'une film qui est considéré comme un chef d'oeuvre par certains sera décrié par d'autres. Il n'y a pas de
chefs d'oeuvres absolus, juste des oeuvres qui, comme elles ont été appréciées par plusieurs groupes successifs y trouvant des choses différentes, ont fait qu'elles sont restées dans les
mémoires, pareil que pour la littérature.


 


Je suis d'accord avec toi là dessus, mais je pense quand même que certaines personnes sont davantage en mesure de jusger de la qualité d'un film, d'un roman ou de n'importe quel oeuvre d'art que
les autres. Il y a des critères obectifs. Les critères que tu m'as cité pour Wendy & Lucy sont purement subjectifs, d'ailleurs il n'y en a qu'une ; tu n'aimes pas l'accumulation. Je
pense que là où notre approche diffère surtout est que tu es dans ta propre appréciation du film alors que je cherche à juger ses qualités - que le film me plaise ou pas, j'essaie d'être
objectif.



Cachou 29/09/2010 02:21



Attention, là tu fais un raccourci vexant je trouve. Je te rappelle que le fait que je n'aime pas ce film tient l'accumulation des malheurs, pas à ce simple acte de Wendy - que je ne désapprouve
pas, je te rappelle d'ailleurs. Ici, justement, je n'adhère pas à la manière qu'à le réalisateur de présenter cette situation, et ce n'est pas en fonction de mon appréciation de la réaction du
personnage comme tu sembles le dire, mais bien au niveau de la construction du scénario qui fait dans le too much pour que j'adhère à la manière dont le monsieur a voulu faire passer son message.
Bien sûr que je peux aimer un film sans pour autant apprécier le personnage et ses actecs. Autrement j'aurais juste détesté "The Killer Inside Me" pour prendre un exemple récent. S'identifier aux
personnages et juger leurs actions n'empêche en rien de saisir le message du réalisateur et d'y adhérer ou pas. Ce n'est absolument pas contradictoire dans les termes. C'est comme de dire qu'on
ne peut pas aimer "Le silence des agneaux" si on trouve Hannibal Lecter détestable. Mais donc, je ne vois pas pourquoi je ne peux pas voir un film sans dire "je n'aurais pas agi comme ça".


D'ailleurs je suis étonnée de la manière dont tu avais retenu l'histoire. Est-ce que tu penses toujours que le film ne fait pas dans l'accumulation maintenant que je t'ai dit que la soeur la
rejettait donc et ne lui avait pas du tout proposé de l'héberger comme tu croyais, et que la voiture est donc foutue et non-réparable, qu'elle va à la casse alors que tu avais dit que tu pensais
qu'elle allait la faire réparer?



the idiot 29/09/2010 10:36



Mais je m'en fiche que le film fasse ou pas dans l'accumulation, c'est l'histoire qu'a voulu raconter le scnéariste, pas la mienne alors franchement j'ai pas à foutre mon nez dedans. Et non, je
ne trouve pas que le film fasse dans l'accumulation, pour avoir cotoyé des gens qui ont la vie dure je sais que ce genre de chose arrive.


 


Si je te disais ça, ce n'est pas pour faire un raccourci, mais c'est l'impression que tu me donnes parfois, de te braquer contre un film parce que tu n'adhères pas à un personnage ou autre. Je ne
dis pas ça pour te vexer mais pour te le faire savoir. C'est peut-être pas vrai, mais c'est l'impression que tu me donnes.