Top 5 Vampires

Publié le par the idiot

Martin
(1977)
George A. Romero

En faisant une petite infidélité aux films de zombies qui l'ont rendu célèbre, Romero signe avec Martin un film de vampire à la fois moderne et intelligent, démontrant une audace narrative inédite dans le cinéma d'horreur. Le film est une sorte de remake de son propre Season of the Witch dans lequel il déployait une ironie similaire à celle que l'on retrouve ici, mais là où son film précédant était incontestablement un échec, tout semblait bancal, dans Martin chaque scène marche parfaitement. Jamais la mise en scène du réalisateur de La Nuit des morts vivants n'a été aussi efficace ; la première scène dans le train et une autre située vers le milieu du film créent un suspense haletant rarement égalé. Son humour fonctionne aussi mieux que dans ses autres films. Je ne peux pas trop en dire, car ce serait vous gâcher la surprise, mais je vous encourage vivement à découvrir cette perle méconnue.

Nosferatu le vampire
(1922)
F.W. Murnau

Certes, ce film lorgne plus du côté du film d'art que du film d'horreur, mais à mon sens aucune liste de films de vampires ne saurait l'omettre. Oui, certaines scènes peuvent aujourd'hui prêter à rire, et le film paraît long quand il est diffusé sans accompagnement musical (comme ça m'est arrivé récemment), mais la réalisation de Murnau fait preuve d'une grande invention visuelle. Les scènes en mer ou l'utilisation de l'ombre portée du vampire sont des images qui restent encore frappantes. On ressent bien que cette "symphonie de l'horreur" est d'avantage un poème visuel qu'un film de fiction, les enchaînements n'ont pas une simple fonction narrative ou logique mais évoquent d'autres images, vestige d'un cinéma différent et malheureusement peu en vogue de nos jours. Max Schreck est perturbant dans son sinistre personnage de comte Orlok.
 

Morse
(2008)
Thomas Alfredson

Petit film sorti de nulle part (enfin, de Suède...) l'année dernière, Morse ou Let the Right One In (je ne donne pas le titre original, personne ne comprendra) serait-il le signe d'une renaissance du film d'horreur attendue depuis des lustres? Bon, il en sort bien un de temps en temps, mais par rapport à la production des années 70 et 80, on est quand même dans une période de vache maigre. Ce film surprend par son esthétique glacial (et ouais, on se les gèle en Scandinavie) très réussi et son parti pris, rare pour un film d'horreur, de s'attacher d'avantage au développement des personnages plutôt qu'à celui du suspense. On finit par s'attacher à chacun d'eux et par découvrir que le plus effrayant n'est peut être pas celui qu'on croyait.
 

Dracula
(1992)
Francis Ford Coppola

Quand l'auteur du chef d'oeuvre absolu qu'est Conversation secrète revient au cinéma de genre qui l'avait lancé on est en droit de croire qu'il s'agit d'un retour aux sources. En réalité il s'agit d'un travail d'adaptation que le génial réalisateur américain poursuit depuis le début de son oeuvre. En effet, celle-ci est émaillée d'adaptations littéraires plutôt réussies et passionnantes comme Rumble Fish, Apocalypse Now ou L'Homme sans age dont la sortie hexagonale fut sabordée sans aucune pitié. L'esthétique du Dracula de Coppola évoque fortement l'érotisme, un thème du livre souvent délaissé par le cinéma (sauf par les magnifiques plans de décolletés de la Hammer) abordé intelligemment sous l'angle de son fonctionnement dans le monde de l'image. Gary Oldman et Anthony Hopkins ont le mérite de faire oublier l'insipide Keanu Reeves.
 

John Carpenter's Vampires
(1998)
John Carpenter

Aucune liste de films d'horreur ne serait complète sans au moins une oeuvre du badass motherfucker qu'est Big John. Loin des chefs d'oeuvre que sont The Thing, Prince des ténèbres et Halloween, Vampires est un pur film de genre sans autre ambition que de faire passer au spectateur un putain de bon moment. Oui, la bande de tueurs de vampires à James Woods a un dégaine ringarde à souhait et le mélange des genres horreur et western est à prendre au vingtième degré, mais qu'est-ce que ça charcle. Violent, gore, cynique et drôle (l'humour sec de James Woods est à se plier en deux), Vampires sonne comme l'ultime soubresaut d'un cinéma d'horreur hardcore et nihiliste, si virulent il y a encore peu.
 

Publié dans Cinéma

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Bertrand 09/04/2009 09:53

Ah mais non, je ne suis pas d'accord ! Et le Bal des Vampires alors, où est-il dans ta liste ?

the idiot 09/04/2009 12:37


Hmmm, celui là il traine entre la sixième et la dixième place. Mais je te rassure il est en bonne compagnie avec Dracula, le journal d'une jeune vierge (si, si, à voir) et le
Dracula de Browning.