Harvey Milk

Publié le par the idiot

Milk
(2008)
Gus Van Sant
Sean Penn, James Franco, Josh Brolin, Emile Hirsch

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                  Véritable fresque politique, Milk narre les huit années qui ont mené Harvey Milk de l'engagement politique jusqu'à son meurtre en 1978. N'étant pas un grand fan de Sean Penn j'avoue avoir été enthousiasmé par son jeu dans ce film, comme du reste tous les autres acteurs. Dès le début du film, lorsqu'on le découvre seul dans sa cuisine enregistrant ses mémoires, le personnage séduit. Le sort du film reposait tellement sur la réussite des acteurs à nous faire oublier que nous regardons des homosexuels, et tous sans exceptions ont relevé le défi, évitant les clichés véhiculés par les médias. Le spectateur se retrouve confronté à des personnages auxquels il peut s'identifier sans aucun effort, partager leurs peines comme leurs moments de bonheur.
                  L'histoire remonte à la première rencontre entre Harvey et son futur compagnon Scott Smith, rencontre qui sert de déclic à tout ce qui suit. C'est l'instant où Harvey se rend compte qu'il ne peut vivre sans assumer son homosexualité, idée qui servira de leitmotiv à l'ensemble de son combat. De là, le film retrace les étapes de son ascension politique, installant d'abord sa culture dans un quartier de San Francisco puis, petit à petit conquérant le coeur de la ville en luttant pour les droits de tous les laissé pour compte, pour tous les "nous autres". Son entourage est happé par son énergie et son envie de faire changer le monde, car ce qui marque dans Milk, c'est la ténacité de l'engagement politique du personnage qui tient de leçon pour ses semblables passés, présents et futurs. Sans tomber dans un idéalisme navrant, il comprend rapidement qu'il devra se servir des médias et de ses adversaires pour obtenir des résultats, il refuse de compromettre ce pour quoi il se bat.
                  Ce n'est pas le meilleur film de Gus Van Sant, mais le réalisateur américain s'est emparé de son sujet pour aborder des thématiques qui lui sont devenus chers au long de son oeuvre, notamment le meurtre qu'il avait déjà développé dans Elephant et Paranoid Park ces dernières années. Enfin un mot sur Josh Brolin qui tient dans Milk le rôle assez compliqué du politicien écrasé et humilié par le génie de son adversaire et qui s'en sort en livrant une performance très subtile, laissant transparaître un sentiment d'impuissance et d'injustice. Brolin rajoute une ligne à un CV qui devient de plus en plus impressionnant (le bougre a quand même commencé dans The Goonies) et qui méritera d'être suivi au cours des prochaines années.

Publié dans Cinéma

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alexandre mathis 11/06/2009 12:41

enfin d'accord sur un film!!! même si je suis fan de Sean Penn.