Mieux vaut tard que jamais. Et puis, je ne suis pas si en retard que ça au final. Trois semaines pour être précis. Heureusement qu’on ne me paie pas pour entretenir ce blog, et quand bien même on me paierait j’aurais des excuses ; il me restait encore quelques films à voir pour être aussi complet que possible (que vouez-vous, c’est ça le professionnalisme). Bon, ce n'est qu'une excuse, mais au moins elle est bonne, vous en conviendrez. Bien qu’il me soit arrivé de rater certaines sorties cette année (notamment L’Apollonide (Souvenirs de la maison close) de Bertrand Bonello et Another Earth de Mike Cahill dont tout le monde dit le plus grand bien) sur lesquels je me rattraperai tôt ou tard, la liste qui suit est aussi complète que possible et reflète à mon sens la grande richesse cinématographique de 2011. Il nous aura certes manqué quelques films de genre bien décérébrés comme on les aime (Hobo with a Shotgun de Jason Eisener, sorti directement en DVD, faisant rare figure d’exception), l’ensemble reste de haut niveau. Avant de vous dévoiler la liste tant attendue (du moins vous qui irez au bout de ce paragraphe) et d’enterrer une fois pour toutes 2011, il me reste à évoquer rapidement Balada Triste de Alex de la Iglesia et La Piel que habito de Pedro Almodovar qui n’y figurent pas. Voilà, c’est fait. Pour finir, si l’absence de Black Swan, Shame, The Artist ou A Dangerous Method vous surprennent, je me contenterai de vous signaler que je les ai soit vus et peu appréciés, soit que je n’ai pas besoin de les voir pour ne pas les aimer (et là mon côté désagréable refait surface au nez et à la barbe de tous). Merci et bonne dégustation.
1. Le Cheval de Turin
Ultime pièce dans l'œuvre cinématographique de Tarr, ce film est d'une âpreté sans concessions. Un très grand moment de
cinéma dont la conclusion bouleversante nous plonge à jamais dans les ténèbres.
2. The Tree of Life
Sans être son plus réussi, c'est le film le plus ambitieux et démesuré de Malick à ce jour. Entre pur émerveillement et
réflexion profonde le cinéaste américain parvient à composer son œuvre la plus symphonique à ce jour.
3. Drive
Refn taille sa route et confirme qu'il est le réalisateur à suivre. Sa filmographie paraît de plus en plus cohérente au
fil des ans et il s'impose en digne successeur de Peckinpah comme grand cinéaste de la violence.
4. La dernière piste
Après le très beau Wendy and Lucy, Reichardt signe un film très aride. Un western quasi mystique qui voit le
rêve américain méthodiquement piétiné d'un bout à l'autre du désert.
5. Hors Satan
Âpreté et aridité ayant déjà été employés au sujet de films précédents, il me reste peu de mots pour décrire le film de
Dumont, mais vous l'aurez compris, il ne faut pas y chercher de l'action. Hors Satan est pourtant un film étrangement envoûtant dans lequel on a envie de se plonger.
6. Bruegel, le moulin et la croix
Majewski fait ici un emploi novateur de l'image numérique, créant une image dense et composite aux possibilités multiples
de lecture. Il démontre aussi un sens rare pour l'espace et trouve un équilibre salvateur entre humour et érudition.
7. Melancholia
Lars von Trier met en scène la dépression au travers de l'image de la fin imminente du monde. Ce n'est que chez lui que
ce genre d'histoire peut sonner comme un happy end.
8. La Grotte des rêves perdus
En filmant les peintures qui adornent les parois de la grotte de Chauvet, Herzog nous offre une réflexion émouvante sur
les civilisation et les cultures perdues. Il nous reste des signes, sans la faculté de les comprendre.
9. Blackthorn
Un grand western moderne dans la lignée de The Proposition de John Hillcoat. Les scènes tournées dans les
salt-flats sont particulièrement mémorables.
10. Road to Nowhere
Vingt ans qu'il n'avait pas sorti de film au cinéma, je ne pouvais que souligner le retour du réalisateur de Macadam à deux voies et de Cockfighter.
Lectures en cours :
Une mort dans la famille
de James Agee
Les albums qui tournent en boucle :
Safe As Milk
Captain Beefheart and His Magic Band
Electric Warrior
T. Rex
Fleetwood Mac
Fleetwood Mac