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Samedi 3 décembre 6 03 /12 /Déc 13:10
le cheval de turinLe Cheval de Turin
A Turinoi Lo
Réalisé par Bela Tarr
(2011)

Après un prologue sur fond noir qui nous raconte l’épisode de la vie de Nietzsche dont le film tire son titre, le ton et le rythme du Cheval de Turin sont posés par un plan long de cinq minutes qui suit l’avancée pénible d’un cheval de trait fouetté par un vent féroce et tirant derrière lui un chariot sur une route désolée. Ce cheval, non pas celui au cou duquel Nietzsche s’accrocha à Turin avant de sombrer dans un état léthargique jusqu’à sa mort mais celui du cocher Ohlsdorfer, lorsqu’il refuse de continuer à tirer le char, s’émancipe de la condition qui oblige Sisyphe à pousser le même rocher en haut de la même montagne jour après jour. C’est alors le monde du cocher et de sa fille qui semble s’effondrer, Tarr nous peignant d’un noir et blanc où existent toutes sortes de nuances ce qu’il appelle une « Genèse à l’envers ». Alors que la tempête gronde, le puits s’assèche du jour au lendemain provoquant une veine tentative de fuite du cocher et de sa fille. Revenus à leur maison, semblant incapables de fuir ce décor aride où se côtoient une simple route boueuse et un arbre mort, ce sont ensuite les lumières du monde qui s’éteignent autour d’eux et le grondement de la tempête qui fait place au silence implacable. Peu de choses se passent au cours d’un récit qui se déroule sur cinq journées successives. Nous assistons à la répétition des gestes rituels d’un quotidien morne ; le repas vite expédié de pommes de terre cuites à l’eau, la fille qui aide son père handicapé à s’habiller chaque matin, les deux qui attèlent ensemble le cheval dans l’espoir qu’il ait de nouveau l’envie de se mettre au travail, la caméra revisitant à chaque fois la scène sous un nouvel angle comme pour montrer la misère de notre existence sous toutes ces coutures. Comme Lucky et Pozzo chez Beckett, un voisin venu chercher de la palenka et une bande de gitans semblent venir simplement pour rompre la monotonie de cette relation mutique. Tout cela ne semble pas joyeux, mais la mise en scène de Tarr nous raconte quelque chose à propos de ce profond désespoir. Ses plans, éternellement longs, dilatent le temps et créent toujours de nouveaux rythmes pour mieux nous situer dans un espace-temps de la fin du monde. Les images, taillées dans l’obscurité par une lumière douce sont saisissantes et opèrent une magie hypnotique grâce aux travellings incessants semblables à une danse langoureuse. Si, comme l’a annoncé le grand cinéaste hongrois, Le Cheval de Turin est bien l’ultime pièce d’une œuvre entamée il y a plus de trente ans, la conclusion ne pouvait s’avérer plus pessimiste et sa dernière idée de mise en scène qui nous plonge définitivement dans une circularité ténébreuse déjà évoquée par Satantango pouvait difficilement nous bouleverser davantage. Un dernier mot pour vous encourager à découvrir l’œuvre de Bela Tarr à la rétrospective que lui consacre le Centre Pompidou au cours du mois de décembre.


Satantango, un film de Bela Tarr

Bela Tarr l'alchimiste, une rétrospective proposée par le Centre Pompidou à Paris

Par Marc - Publié dans : Nouvelles du front - Communauté : Webzine cinéma
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Dimanche 27 novembre 7 27 /11 /Nov 01:13
L'Obscurité du dehors
Outer Dark
Un roman de Cormac McCarthy
(1968)

A l’image de La Route, L’Obscurité du dehors (deuxième roman de Cormac McCarthy) tendait déjà vers le symbolisme, touchant d’un langage biblique à quelque chose de profondément sombre, quelque chose qui rode éternellement dans la nuit et qui, le jour, se tapit dans les ombres. Déambulant entre un Southern Gothic faulknerien et l’existentialisme à l’européenne, ce récit court mais complexe suit le cheminement de ses personnages principaux sur des routes qui, bien qu’émanant du même péché originel – l’inceste entre un frère et sa sœur – et semblant étrangement se recouper, suivent des cours bien opposés menant Culla et Rinthy Holme à la rencontre des personnages grotesques et inquiétants qui habitent un arrière pays aride et délabré, un monde inquiétant titubant au bord du chaos. Vaguement situé par les dialogues dans le sud des Etats-Unis et se déroulant vraisemblablement au début du xxe siècle, le roman travaille sur le mode de l’allégorie dans un désir de rendre son récit intemporel et universel.

Si McCarthy nous raconte ici les voyages respectifs de Culla et de Rinthy, tous deux coupables d’un acte défendu par la société et symbolisé par ce fils qu’elle souhaite retrouver et que lui désire ne plus jamais voir, il semble que c’est surtout le parcours du frère qui motive le récit. Le roman s’ouvre avec un rêve où Culla attend le salut, entouré d’une foule de pestiférés en pleine éclipse, et se conclut par une scène épiphanique où lui seront révélées la cruauté aveugle et l’ironie de ce monde. C’est au cours de sa fuite qu’adviendront les épisodes les plus marquants du roman et c’est autour de lui que se resserrera peu à peu l’étreinte d’une obscurité toujours plus tangible. Cette « obscurité du dehors » impliquant aussi une « obscurité du dedans », la route qu’empruntera Rinthy ne servira que de contrepoint lumineux à la sienne et leurs cheminements physiques se feront peu à peu sentir comme le reflet de leur positionnement moral vis-à-vis du péché jamais évoqué mais toujours présent à l'esprit des personnages et du lecteur, cet acte incestueux qui aura mis en route les rouages de leur histoire.

“She shook him awake from dark to dark, delivered out of the clamorous rabble under a black sun and into a night more dolorous, sitting upright and cursing beneath his breath in the bed he shared with her and the nameless weight in her belly.

Awake from this dream: […]”

Le refus de Culla d’affronter ses péchés devient apparent dès les premières pages du roman. Alors que Rinthy souffre dans le lit qu’ils partagent, les contractions devenant plus fréquentes et douloureuses, il lui refuse les soins d’une sage-femme et passe davantage de temps dehors pour ne pas avoir à supporter les supplications de sa sœur. Lorsqu’il la retrouve inconsciente, évanouie en plein accouchement, il finit d’extraire l’avorton de son corps et s’enfuit dans les ténèbres pour abandonner le nourrisson dans les bois. Retournant vers sa maison, il est pris de panique alors qu’un orage éclate et il s’égare parmi les arbres, marchant sans but jusqu’à s’effondrer sur le sol détrempé de la forêt. Le lendemain, prétendant que l’enfant est mort, il refusera à Rinthy le droit de le baptiser comme de lui dire où il a enterré son cadavre.

Le parcours de Culla sera façonné par son comportement au cours de cette nuit funeste. Bien accueilli là où il va, toujours prêt à fournir ses services et prétendant être à la recherche de sa sœur, dès qu’un malheur s’abattra sur la population locale, qu’il s’agisse du pillage d’une tombe ou d’un meurtre commis dans les environs, lui, l’étranger, sera le premier à être soupçonné. La mort et la malchance semblent le suivre de près, la fatalité l’obligeant toujours à reprendre sa fuite. Lorsqu’elle apprend que son frère lui a menti à propos de la mort de son fils et que le fruit de leur union a été récupéré par un colporteur de la région, Rinthy partira sillonner sans relâche les villages des environs à sa recherche. Si sa frêle figure la rend sympathique aux yeux de la population locale, le courage de la jeune femme pousse ceux qu’elle rencontre à l’admiration. Tous lui feront la charité d’un verre d’eau ou d’un repas mais, au cours des longs mois de solitude, sa quête nous semblera de plus en plus veine.

L'histoire que conte L'Obscurité du dehors peut nous paraître éminemment sombre mais il est avant tout celui d’un paria désireux de laisser derrière lui une existence marginale pour intégrer la civilisation. Cependant, les fantômes du passé, à l’image de ces trois hommes inquiétants dont les apparitions hantent les pages du roman tels trois rois-mages infernaux venus saluer la naissance de l’Antéchrist, n’auront cesse de le rattraper comme pour rappeler la difficulté d’échapper à sa condition. Au cours de plusieurs scènes empreints de mysticisme et dont les causes ne sont jamais explicites, nous assisterons à l’aliénation progressive d’un homme qu’une société aveugle punira injustement pour les crimes des autres et qui n’aura, au final, plus que ses yeux pour contempler le monde et pleurer.

Comme le parcours de Rinthy, la prose magnifique bien qu’obscure de McCarthy vient, au travers de la voix du narrateur, offrir un contrepoint aux dialogues rustres et terre-à-terre des personnages âpres du roman. S’enrobant d’un vocabulaire et de tournures complexes, cette voix rappelle le ton des sermons proférés par les prêcheurs haranguant les masses. Emaillant son roman de figures atteintes de cécité ou dont le regard est biaisé, comme ce prêcheur à qui il manque un verre de lunettes, l’écrivain semble aussi nous mettre en garde contre des préjugés qui pourraient précipiter la condamnation de son héros atypique. Roman puissant et évocateur laissant une place prépondérante à l’ironie, L’Obscurité du dehors demeure, sans être le chef d’œuvre de McCarthy, une œuvre profondément sinistre qui nous abandonne cruellement à la frontière perpétuelle entre le jour et la nuit, tremblant d’effroi à l’idée d’une coexistence omniprésente du bien et du mal. Comme Un enfant de dieu, voici donc une belle introduction à l’œuvre et aux thèmes majeurs de ce géant des lettres américaines dont je vous conseille fortement de découvrir Suttree, Méridien de sang et La Trilogie des confins, si toutefois vous avez un goût prononcé pour les romans plus difficiles.


L'Obscurité du dehors, un roman de Cormac McCarthy, traduit de l'américain par François Hirsch et Patricia Schaeffer, disponible en broché aux éditions Actes Sud

L'Obscurité du dehors, un roman de Cormac McCarthy, traduit de l'américain par François Hirsch et Patricia Schaeffer, disponible en poche aux éditions Le Cercle Points

Par Marc - Publié dans : Lectures - Communauté : LA VITRINE DU LIBRAIRE
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Dimanche 20 novembre 7 20 /11 /Nov 03:10
DriveDrive
Drive
Réalisé par Nicolas Winding Refn
(2011)

Si l’envie vous vient de découvrir le nouveau film de Nicolas Winding Refn qui, suite à son succès étonnant, est encore à l’affiche dans de nombreux cinémas, autant vous prévenir, tout comme Le Guerrier silencieux n’était pas un Conan new-look, Drive n’a rien à voir avec Fast and Furious. Loin de là. Peu de bolides lancés à pleine vitesse ou de cascades folles sur les routes que sillonne notre garagiste/cascadeur de héros, et encore moins de bimbos dénudées sur les bas-côtés. Dans Drive, ce sont les personnages qui comptent et la mise en scène de Refn s’applique au cours de la première heure à creuser le rapport à l’autre ou, plus souvent, à l’absence de l’autre, plaçant le driver comme sa voisine face à la solitude de leurs existences respectives. Ces deux là se sont bien trouvés, leur relation nous touche, mais de leur rencontre ne peut naître qu'un second temps, celui de la violence, orchestré dans la deuxième moitié du film comme une partition intimiste qui nous plongerait dans un engrenage infernal. Cette violence esthétisée et parfois à la limite du supportable est loin d’être gratuite. Alors que lentement les tâches de sang recouvrent l’armure du prince charmant, le spectateur découvre l’envers du décor. Le Los Angeles de pacotille s’efface et les masques tombent pour ne laisser paraître que la part sombre de la ville et la nature des hommes qui l’habitent. Au milieu de ce chaos, seule la demoiselle en détresse est idéalisée comme un rêve auquel chacun peut prétendre mais dont aucun ne parviendra à se saisir. Malgré ce ton minimaliste, Refn parvient à insuffler une nouvelle vigueur à un cinéma de genre qui semblait proche de l’agonie et, échappant encore une fois aux attentes de ceux qui suivent de près son œuvre, il parvient à réinventer non seulement le polar en en faisant exploser la structure au travers du spectre du conte de fées mais aussi son propre cinéma qui n’a cesse d’évoluer. Toujours si bien nourri de références et de citations subtiles, Refn délaisse l’inspiration kubrickienne qui dominait ses deux dernières réalisations pour revisiter, à sa manière, Michael Mann, Walter Hill, Friedkin et Boorman. Pour ceux que Drive aura séduits, je ne peux que vous encourager à découvrir les films précédents du jeune danois et à vous plonger dans l’univers de celui qui s’impose toujours davantage comme l’un des cinéastes majeurs de notre temps.


Le Guerrier silencieux, un film de Nicolas Winding Refn

Par Marc - Publié dans : Nouvelles du front - Communauté : Cinéma
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Mardi 15 novembre 2 15 /11 /Nov 12:05
contagionContagion
Contagion
Réalisé par Steven Soderbergh
(2011)

Ça fait bien quelques mois que je n’ai pas dit du mal d’un film, mais là je ne peux résister à l’envie d’une critique cinglante. Je ne comprends vraiment pas d’où Steven Soderbergh tient une aussi bonne réputation. Après ses Ocean’s 11 et 12 si mauvais qu’ils auront dissuadé tous sauf les spectateurs les plus téméraires d’assister au volet final de la trilogie, un Traffic qu’on aurait autrefois qualifié de bon pour le dimanche soir sur TF1 et un Sexe, mensonges et vidéo qui, bien que partant d’une bonne intention, se termine quelque peu en cul de sac, voici que le maître du rasoir nous offre Contagion, un film ni fait ni à faire, bâclé, profondément ennuyeux et franchement inutile. Que dire ? Des personnages en carton-pâte dont on n’a que faire, des dizaines de thèmes abordés dont aucun ne bénéficie d’un traitement approfondi, une mise en scène lambda, des incohérences scénaristiques, des bons sentiments mal placés et une fin lamentable qui ne rime à rien. Contagion est le modèle du film choral vidé de sa substance ; les séquences s’interposent sans dialoguer, les thèmes abordés ne trouvent ni écho, ni même chambre de résonance. Il y avait pourtant matière à faire un film. Se servir de l’esthétique glaciale du numérique pour mettre en scène de façon clinique et implacable l’évolution de la pandémie ? Focaliser le récit autour du personnage (assez grotesque mais sans doute le plus intéressant) du blogueur pour mettre en scène la montée des médias et la difficulté de contrôler aujourd’hui les flux d’informations ? Si Soderbergh y songe, ce n’est que l’espace de quelques plans. Le film pêche par manque de conviction, d’ambition et de vision. Ou peut-être tout simplement de talent ? Mon diagnostic : mieux vaut fuir cette Contagion comme la peste.

Par Marc - Publié dans : Nouvelles du front - Communauté : Cinéma
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Samedi 12 novembre 6 12 /11 /Nov 18:18

A l’heure d’Hiver dans les salles obscures

Il y a des mois qui commencent mal, et quand on voit la première quinzaine de ce triste novembre, grisaille oblige, il serait tentant de rester cloitré chez soi, les deux pieds posés sur la table basse à revoir quelques classiques sur le je ne sais combien de pouces qui occupe une bonne partie du salon de tout homme moderne. Telle est la disette automnale qu’il serait tout de même con de louper les quelques rares films prometteurs qui, je vous aurai prévenus, ne tiendront l’affiche qu’une ou deux semaines dans trois pauvres salles parisiennes. Economisez donc encore quelques jours et, au lieu de remplir les poches de messieurs Karmitz, Gaumont et UGC, faites votre pioche parmi mes suggestions. Cela étant dit, j’irai sans doute bailler quelques heures devant Contagion qui promet de se rajouter à la longue liste des déceptions signées Steven Soderbergh.

If.... de Lindsay Anderson

S’il m’encourage à la curiosité, je ne vous promets rien concernant le premier film de l’écrivaine australienne Julia Leigh dont les deux romans, Le Chasseur et Ailleurs, auront déjà choqué bon nombre de lecteurs. Son Sleeping Beauty, dont la bande annonce suggère une expérience esthétique agréable et réussie, tient à priori plus de l’érotisation que de la simple modernisation du conte pour enfants que nous connaissons tous. Rendez vous le 16 novembre pour le verdict. Si toutefois le goût de la découverte vous fait défaut, il faudra attendre la semaine suivante et la ressortie de ce grand classique du cinéma anglais qu’est If.... pour se rabattre sur une valeur sûre. Réalisé en 1968 par Lindsay Anderson, le film révéla Malcolm McDowell au grand public dans son rôle d’étudiant anticonformiste menant la révolte au sein d’une prestigieuse université anglaise. Si If.... peut paraître ancré dans son époque soixante-huitarde, la politisation de son sujet reste d’actualité et ce petit bijou de cinéma mettra sans aucun doute une belle claque aux spectateurs chanceux qui le découvriront à partir du 23.

Le Cheval de Turin de Bela TarrPour le plat de résistance, il faudra attendre jusqu’au 30 du mois, et il ne faudra surtout pas tarder à aller découvrir Le Cheval de Turin, nouveau film de Bela Tarr que le réalisateur hongrois annonce comme l’ultime pièce de son œuvre cinématographique. Alors qu’au cours d’une rétrospective baptisée « Bela Tarr l’alchimiste » le Centre Pompidou rendra hommage, du 3 décembre au 2 janvier 2012, à l’un des plus grands réalisateurs contemporains, auteur des chef d’œuvre contemporains que sont Satantango ou Les Harmonies Werkmeister, Le Cheval de Turin s’inspire de l’épisode qui finira de plonger Nietzsche dans la folie, le 3 janvier 1889. Pour nous amener où ? Seul le visionnage du film répondra à cette question. Tarr explique son choix d’arrêter le cinéma par sa volonté de ne pas réitérer ce qu’il a déjà fait. La sortie de son nouveau et donc ultime film s’annonce d’ores et déjà comme l’un des grands événements cinématographiques de cette fin d’année. A ne rater sous aucun prétexte.

Côté DVD (sous le sapin)

Hobo with a Shotgun de Jason Eisener

Ne vous faites pas avoir ! Ce n’est pas parce que la galette de Transformers 3 : (insérer sous-titre à la con ici) occupe toutes les têtes de gondole ainsi que trois mètres linéaires de la zone d’actu de votre Fnac préférée qu’il vous faut impérativement l’acheter. Vous débourseriez quand même autour de 25€ pour de la merde en boîte. Payez plutôt un resto à votre copine les mecs, et si vous n’en avez pas, achetez-vous un ou deux pornos de qualité. Vos sous durement gagnés s’en trouveraient mieux dépensés. Autre alternative, faites un tour au fond des rayons et jetez donc un coup d’œil à cette pépite sortie directement en DVD qu’est Hobo with a Shotgun du canadien Jason Eisener (chez TF1 vidéo). Développé, d’après ce que j’ai compris, suite à une des fausses bandes annonces de la catastrophe ambulante qu'est Grindhouse, le film prend ses distances avec l’esprit prétentieux des récentes productions Tarantino et Rodriguez pour renouer avec la tradition du cinéma irrévérencieux des années 1980 incarné par des films comme Le Retour des morts vivants, Street Trash, ou encore Killer Klowns from Outer Space. C’est en plus l’occasion de revoir Rutger Hauer punir avec grand sadisme des méchants vraiment méchants. Du bon cinéma de divertissement comme on l’aime (et qui ne trouve plus sa place en salles de nos jours). Faites vous plaisir et n’oubliez pas de l’offrir à votre maman de ma part pour Noël.

Les Chaussons rouges de Michael Powell et Emeric PressburgerSi, après tout ça, il vous reste encore quelques sous, faites donc un tour du côté des coffrets de Noël. Parmi les désormais traditionnelles collections Eastwood, Al Pacino et Harrison Ford dont on n’a rien à faire et que l’on prendra donc soin d’ignorer (ou mieux, dont on recouvrira les piles avec un joli coffret Steven Seagal ou Chuck Norris au grand désarroi du fnakeur le plus proche), l’on trouvera avec plaisir la réédition chez Potemkine/Agnès B de l’intégrale des films d’Andreï Tarkovski. Il me tarde de découvrir cet objet, mais on peut faire confiance à cet éditeur sérieux pour nous offrir de belles copies (non mutilées) et un véritable appareil critique qui reléguera au marché d’occasion les affreuses versions MK2 qui nous auront coûté, à tous, les yeux de la tête il y a de ça quelques années. Il paraît qu’on n’a rien sans rien. Pour finir, toujours du côté des rééditions et des éditeurs sérieux, l’on notera que Carlotta nous ressort Les Chaussons rouges, le chef d’œuvre du film de danse réalisé par Michael Powell et Emeric Pressburger et transféré, pour l’occasion, depuis un master restauré. Un véritable régal pour les yeux où technicolor et mise en scène prennent tout leur sens. Si vous n’avez plus de sous, vous savez ce qu’il vous reste à demander pour les fêtes.


Bela Tarr l'alchimiste, une rétrospective proposée par le Centre Pompidou à Paris

Hobo with a Shotgun, un film de Jason Eiserma disponible en DVD chez TF1 vidéo

Coffret intégrale Andreï Tarkovski, disponible chez Potemkine/Agnès B

Les Chaussons rouges, un film de Michael Powell et Emeric Pressburger disponible en DVD chez Carlotta Films

Par Marc - Publié dans : Nouvelles du front - Communauté : Cinéma
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