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Vendredi 10 février 5 10 /02 /Fév 23:04
Tucker & Dale fightent le mal
Tucker & Dale vs. Evil
Réalisé par Eli Craig
(2010)

Que se cache-t-il donc derrière ce titre si joyeusement débile ? Un film qui, s’il nous sera complètement sorti de l’esprit d’ici quatre ou cinq mois, a le mérite de nous offrir en ces temps difficiles tant économiquement que climatiquement le simple plaisir de voir de jeunes Ricains aller à la rencontre d’une mort toujours plus gore. Avouez que ça fait toujours plaisir (contrairement à ce connard de guichetier que j’aurais aimé voir finir trucidé comme l’un de ces crétins de college-kids). En bref, Tucker & Dale fightent le mal retourne le scénario basique du survival à base de rednecks, hillbillys et autres culs-terreux en tous genres pour nous faire découvrir deux sympathiques péquenauds tout simplement partis faire un brin de pêche qu’un groupe d’étudiants nourris à la sauce Scream va prendre pour de dangereux psychopathes. Si l’humour est facile et quelque peu prévisible, on se marre quand même pendant une heure et demi jusqu’au final qu’on avait plus ou moins vu venir mais qui réserve quand même quelques bonnes surprises bien crétines. Alignant les références aux modèles du genre que sont Massacre à la tronçonneuse et Délivrance, ainsi qu’aux slashers les plus campy des années 1980 (Vendredi 13, Sleepaway Camp et Carnage en tête, mais prenez n’importe quel film du genre situé auprès d’un lac et ça fera l'affaire), Eli Craig réussit son pari en livrant un sympathique hommage au cinéma d’horreur à la fois jouissif et complètement régressif. Et ça, par ici, on aime bien. Bon, je calme quand même un peu vos ardeurs parce que ce n’est pas non plus digne des excellents Maison des 1000 morts (Rob Zombie), Bubba Ho-Tep (Don Coscarelli) et Piranhas 3D (Alexandre Aja). Il manquait à nos amis Tucker et Dale encore un poil d’irrévérence et de bon vieux mauvais goût mais pour l’instant on s’en contentera.

Par Marc - Publié dans : Nouvelles du front - Communauté : Webzine cinéma
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Mercredi 8 février 3 08 /02 /Fév 23:40
Blow Out
Blow Out
Réalisé par Brian De Palma
(1981)

Avec Blow Out, Brian De Palma offre une relecture du Blow-Up d’Antonioni profondément ancrée dans le monde du cinéma, un univers qui, par le caractère réflexif des méthodes narratives chères au réalisateur, tient un rôle esthétique central dans sa filmographie. A la manière de ce qu’avait fait Coppola dans son chef d'œuvre méconnu Conversation secrète dès 1974, De Palma fait glisser le nœud de l’intrigue du film d’Antonioni d’un élément visuel (le repérage d’un meurtre au second plan d’une photographie) vers quelque chose de sonore, lui permettant de creuser la relation entre l’image et le son en prenant non plus pour héros un photographe de mode mais un ingénieur du son qui enchaîne depuis quelques années des séries B caractéristiques du cinéma d’exploitation made in Hollywood entre la fin des années 1970 et celle des années 1980. Comme l’avait parfaitement réussi Coppola, De Palma précipite son héros dans une aventure paranoïaque où les théories du complot se multiplient et les apparences s’avèrent toujours trompeuses. Orchestrant des séquences à la mise en scène grandiloquente (notamment les derniers instants magnifiques du film qui se déroulent lors d'une nuit éclairée par les feux d'artifice commémoratifs du Liberty Day) où un sens de l’humour fin se mêle sans cesse à un amour assumé du cinéma et de son Histoire, le cinéaste profite de son sujet pour dénoncer, fidèle à ses habitudes, l’artifice du médium qu’il emploie avant de finalement réinjecter, non sans ironie, une part de réalité dans la fiction. Un divertissement savoureux et intelligent au même titre que L’Esprit de Caïn, Body Double, Phantom of the Paradise et Pulsions ; films dans lesquels De Palma met en scène ses obsessions avec une rare capacité à prendre le recul nécessaire pour nous faire ressentir sa passion avec une sincérité désarmante.


Blow Out, un film de Brian De Palma disponible en DVD aux éditions MGM

Par Marc - Publié dans : Exhumations - Communauté : Cinéma
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Mardi 7 février 2 07 /02 /Fév 23:09
The Ward
The Ward
Réalisé par John Carpenter
(2010)

Je ne vous ferai pas l’article du film car, sans que l’on puisse dire qu’il s’agit d’une merde, The Ward n’est pas l’œuvre d’un John Carpenter en grande forme. En même temps, après dix années d’absence du grand écran, il ne fallait pas non plus s’attendre à grand-chose. Soulignons donc simplement le plaisir de retrouver ce réalisateur qui nous a, des années durant, offert tant d’instants de pur plaisir cinématographique. Si le scénario est quelque peu lambda, jouant la carte facile mais relativement bien menée du mélange des genres (The Ward oscille joyeusement entre thriller psychologique et film de maison hantée), la mise en scène de Carpenter, unique qualité rédemptrice de l’ensemble qui différencie cette œuvre de la masse toujours plus épileptique des films d’horreur contemporains, se montre toujours aussi efficace à installer une véritable ambiance et à faire monter la tension au cours des quelques scènes d’angoisse pure. Ne retrouvant jamais le sentiment de jouissance que l’on n’osait plus franchement espérer, même lors des quelques fulgurances retro, l’on ne peut être que déçu que le projet n’ait pas été à la hauteur de son talent inestimable ainsi que du sabotage des intentions de départ, évident au travers des nombreux plans qui tombent à l’eau suite à une boucherie sans doute opérée au montage. Un jour, espérons-le, Carpenter retrouvera l’envie de faire des films typiquement badass comme ceux avec lesquels il nous a si souvent régalé depuis le début des années 1970. En attendant, The Ward se laisse très bien regarder entre deux parts de pizza et, comme vous ne m’avez gentiment rien demandé, je vous ai concocté un top ten des films du maître histoire, simplement, de se rappeler au bon souvenir d’une époque où le cinéma de genre américain nous offrait, année après année, bon nombre d’œuvres inoubliables et de se dire qu'un réal dont la filmographie comprend les dix titres suivants ne doit pas tomber dans l'oubli. Reste incompréhensible la décision de ne pas sortir le film en salles, alors qu'il y avait largement de quoi appâter le chaland.

1. Prince des ténèbres (1987)
2. The Thing (1982)
3. Halloween (1978)
4. Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986)
5. Invasion Los Angeles (1988)
6. Assaut (1976)
7. Los Angeles 2013 (1996)
8. The Fog (1980)
9. L'Antre de la folie (1994)
10. Vampires (1998)

The Ward, un film de John Carpenter disponible en DVD aux éditions Seven Sept

Par Marc - Publié dans : Nouvelles du front - Communauté : Webzine cinéma
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Samedi 4 février 6 04 /02 /Fév 23:54

Quand je parle de cinéma, j'en parle avec passion

Que nous réserve donc ce mois de février outre évidemment des températures polaires peu encourageantes à l’excursion jusqu’au cinéma le plus proche (sauf aux vrais hommes sculptés d’après le modèle Kurt Russell) ? Contre toute attente, la récolte 02/12 est plutôt bonne. En guise de mise en bouche je vous propose cette grosse crétinerie de Tucker & Dale fightent le mal qui, s’il se montre à la hauteur de la bande annonce et de son titre, promet quelques moments plutôt fendards. En matière de plat principal vous ne manquerez évidemment pas de goûter à La Taupe, adaptation du roman de John Le Carré Tinker Tailor Soldier Spy dont la bande annonce alléchante de classicisme maîtrisé et la campagne publicitaire en forme de rouleau-compresseur vous auront sans doute déjà décidé à y planter avec gourmandise votre fourchette. Pour les quelques âmes réticentes, je vous rappelle simplement qu’il s’agit du nouveau film de Tomas Alfredson, auteur de l’excellent Morse grâce auquel il nous avait déjà démontré sa capacité à renouveler un genre. Reste à vois ce qu’il fera du film d’espionnage à tendance thriller. Perso, je me lèche d’avance les babines. Autant aller le voir puisqu’il faudra ensuite attendre jusqu’à la fin du mois pour se resservir, Martha Marcy May Marlene concocté par un certain Sean Durkin nous assurant notre dose mensuelle de cinéma indépendant américain (et oui, il y en a encore qui regardent avec un certain espoir de par ces horizons là). Côté DVD, Noël étant passé par là, la cascade acharnée de nouveautés, de coffrets et de rééditions en tous genres s’est quelque peu calmée. Restent les éditeurs sérieux qui poursuivent leur travail et notamment Carlotta qui sort Portrait d’une femme déchue, le premier film jusqu’alors inédit de Jerry Schatzberg (réalisateur méconnu de ce qu’on s’obstine à appeler le nouveau Hollywood à qui l’on doit les excellents Panique à Needle Park et L’Epouvantail), exploration de l’univers de la mode (dont est issu Schatzberg, photographe avant de devenir cinéaste) ainsi que du doux visage de la Bonnie de Clyde (aka Faye Dunaway).

Mais ce n’est pas tout. Je vous ai gardé la cerise sur le gâteau pour la fin. Sorti depuis le premier du mois, février annonce surtout le retour de Big John Carpenter avec, enfin, la sortie française de The Ward. Là par contre, je me fâche. Un film de Carpenter (et pas un simple téléfilm à la mode Masters of Horror) qui sort directement en DVD ? Où va le monde ? Que font les distributeurs ? Que les récentes purges d’un Dario Argento ou d’un Romero se retrouvent d’emblée dans les bacs à solde, cela se conçoit, mais Carpenter, auteur de chef d’œuvre sur chef d’œuvre dont la filmographie doit faire partie de celles qui ont souffert le plus grand nombre de remakes ces dernières années, c’est plus possible. Je sais bien que le jeune public n’est plus demandeur d’un Prince des ténèbres, qu’il préfère le traitement réservé par Rob Zombie à Halloween, qu’il ne comprend rien à la qualité exceptionnelle d’un film fauché comme Assaut parce qu’il n’a aucune notion de la mise en scène. Mais bordel de merde, à brader du Carpenter vous enlevez tout espoir de rehausser le niveau, condamnant l’amateur de films d’horreur à affronter les pires bouses imaginables sur grand écran (et en 3D, cela va de soi). Vous me direz que The Ward a eu de mauvaises critiques, mais ça a toujours été le cas avec les films de Carpenter. Et dix ans plus tard les mêmes connards crient tous au chef d’œuvre. Alors vous savez quoi ? Je vais m’enfermer au chaud chez moi et je vais regarder The Ward et tous les vieux films de mon pote John en boucle. Et le cru dont je vous parlais ? Ben je vais le picoler dans mon coin. C’est bien fait pour vous, il fallait aller voir de bons films et on aurait eu le plaisir de découvrir The Ward projeté sur grand écran avec une belle copie 35mm. Le premier que j’attrape à acheter une place pour Underworld : Nouvelle ère ou La Menace fantôme en 3D, il va se prendre une rouste je vous dis pas. Non mais, je vous jure…


Portrait d'une femme déchue, un film de Jerry Schatzberg disponible en DVD aux éditions Carlotta

The Ward, un film de John Carpenter disponible en DVD aux éditions Seven Sept

Par Marc - Publié dans : Nouvelles du front - Communauté : Cinéma
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Vendredi 3 février 5 03 /02 /Fév 21:41
Detachment
Detachment
Réalisé par Tony Kaye
(2011)

Attention ; je m’apprête à dire de sottes méchancetés. Près de quinze ans après avoir fait retirer, pour de sombres raisons de divergences artistiques, son nom du générique d’American History X (dingue ce que le temps passe vite, je conserve un souvenir très net de la séance et du bruit de régurgitation qui se fit soudain entendre derrière moi alors qu’Edward Norton fracassait la dentition d’un bandit de second rang contre un coin de trottoir) Tony Kaye nous revient avec Detachment, sorte de réincarnation américanisée, actualisée et adrienbrodyisée de notre Gérard Klein national où le cynisme ambiant prend le pas sur l’innocent enchantement du milieu des années 1990. Alors forcément on est curieux et on va voir la chose. On en ressort à la fois déçu (enfin, tout est relatif) et réconforté que le tâcheron qui a osé signer l’abomination en question n’ait pas eu, à l’époque, raison de ses producteurs. Detachment est typiquement ce que l’on pourrait appeler un non-film : retirez les dialogues et il ne vous restera que le vide intersidéral. Croyez-moi, ce ne serait pas un mal tant le ton moralisateur de l’ensemble finit par faire ressembler ce qui se devait d’être l’histoire d’un prof (certes un peu niais sur les bords, ce qui suffit déjà à m’excéder) à un cours magistral pétri de bons sentiments dans la droite lignée du purgatif qu’était Collision de Paul Haggis (qui, au passage, porte bien son nom : le haggis, c’est un peu de la tripaille et donc ça pue un peu la merde. CQFD.) Les clichés misérabilistes s’empilent comme autant d’agaçantes crottes de pigeon sur votre pare-brise au petit matin (oui il va faire ami-ami avec une pute à qui le destin n’a pas fait de cadeaux, oui il y a une grosse-moche-artiste-incomprise dont se moque le reste de la classe et ainsi de suite) pour former un scénario cousu de fil blanc que l’on a hâte de voir arriver à son terme. Chers lecteurs, en un mot : Fuyez ! Tiens, ça faisait longtemps que je n’avais pas craché ma haine. Ça fait du bien. Me reste plus qu’à dire un gros merci à Tony.

Par Marc - Publié dans : Nouvelles du front - Communauté : Webzine cinéma
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