Samedi 21 novembre 2009
6
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11
2009
18:35
The Imaginarium of Doctor Parnassus
(2009)
Terry Gilliam
Christopher Plummer, Lily Cole, Heath Ledger
Vieux moine tombé
dans la déchéance suite à une série de paris perdus avec le diable, le Docteur Parnassus est condamné à une errance sans fin. Cependant, il a un pouvoir unique, celui de montrer aux gens l'image
de leur propre imagination avec ce qu'elle contient de tentations, de splendeurs et de névroses. Usant de ce talent, il parvient à survivre, vivotant tel un saltimbanque dans un Angleterre
moderne et hostile.
Rapidement, nous comprenons que l'enjeu du dernier pari entre le Doc et le diable
n'est autre que Valentina, la fille de Parnassus, dont l'âme appartiendra au diable le jour de ses seize ans. Un jour qui approche à grands pas. Les deux hommes s'engagent dès lors dans un
nouveau pari ; le premier à remporter cinq âmes par le biais de l'imaginarium aura le dernier mot quant au futur de Valentina.
Voilà donc une histoire
plutôt alambiquée. Mais devant le film l'histoire paraît beaucoup plus simple. Avec tout son savoir faire, Gilliam fait entrer le spectateur dans son univers incroyable et toujours changeant, le
laissant stupéfié devant les décors de l'imaginarium. L'Imaginarium du Docteur Parnassus reprend le thème cher au réalisateur déjà évoqué dans d'autres films comme Tideland,
Fisher King ou Les Aventures du Baron Munchausen, la nécessité et le plaisir de raconter encore et toujours des histoires.
Par the idiot
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Samedi 21 novembre 2009
6
21
11
2009
11:18
Crime Wave
(1954)
André De Toth
Sterling Hayden, Gene Nelson, Charles Bronson
Modèle de film noir,
Chasse au gang repose sur un scénario en béton armé qui entraîne inlassablement Steve Lacey dans son sillage. Ancien gangster, depuis sa sortie de prison, Lacey s'est racheté une
conduite, s'est marié, et mène une vie tranquille, travaillant le jour et passant ses soirées avec sa femme. Quand trois de ses anciens compagnons de cellule se retrouvent avec le meurtre d'un
policier sur le dos, ils viennent lui demander son secours. Refusant de les aider, pour ne pas de nouveau sombrer dans le crime, Lacey se retrouve soupçonné par la police et contraint soit à les
dénoncer, soit à fuire.
André De Toth, réalisateur de l'excellent Homme au masque de cire avec Vincent
Price, signe un polar d'un réalisme saisissant. Les gangsters ont des gueules d'escrocs minables, les repentis ont l'air d'en chier et la police est complètement désabusée. Tout est filmé de
près, les plans serrés sur les visages laissant la chance aux acteurs d'amplifier les sentiments de peur et de désespoir de leurs personnages. La violence peut surgir de n'importe où et n'importe
quand, sans prévenir, et lorsqu'elle fait son apparition elle se montre fulgurante et d'une efficacité brutale.
Sterling Hayden interprète à
merveille le lieutenant de police Sims. Il fait penser à un Philip Marlowe dont tous les traits caractéristiques auraient atteint leur paroxysme. Sa stature imposante et son air désintéressé
dissimulent pourtant un certain goût pour la justice. Les autres acteurs jouent parfaitement leurs rôles, notamment Gene Nelson qui incarne un Lacey déterminé à changer de vie mais
irrémédiablement hanté par son passé. A noter aussi, un jeune Charles Bronson à la gueule instantanément reconnaissable.
Par the idiot
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Lundi 16 novembre 2009
1
16
11
2009
20:42
Street Trash
(1987)
Jim Muro
Mike Lackey, Vic Noto
Lady, I ain't even sure you don't got a cock...
Summum de mauvais goût
vraisemblablement torché entre deux cuites avec un manque de moyens flagrant, Street Trash fait dans la crétinerie et le scabreux. Une bande de clodos ayant élu domicile dans une casse
automobile passe le temps entre picole et agression gratuite de pauvres bobos innocents qui ont le malheur de s'égarer dans leur quartier.
Se rapprochant de la veine du cinéma punk des années 80 et
faisant notamment penser à des films comme Killer Klowns From Outer Space, Le Retour des morts vivants ou
encore Repo Man, Street Trash (dont le réal officiera bien des années plus tard en tant que steadycameur sur Titanic) n'est pas aussi gore que le voudrait sa
réputation. Certes, un gérant de liquor-store peu scrupuleux met en vente une gnole suspecte retrouvée au fond de sa cave qui s'avère être un tord-boyaux au sens le plus littéral du terme, mais
le film choque avant tout par la violence de son propos.
Ces clodos là sont
méchants, tout comme les flics qui cherchent à les arrêter. La middle-class quant à elle n'en a rien à foutre de tout ça. Enfin, tant qu'ils ne sont pas confrontés à cette ignoble déchéance. Oui,
on pourrait faire une lecture sociale du film, mais je laisserai aux autres les plaisirs de l'élucubration. Si vous avez envie de voir des mecs se faire tabasser puis uriner dessus, des types
jouer à la passe à dix avec la bite dont ils viennent d'amputer leur pote, ou tout simplement des scènes de viol aussi débiles que gratuits, Street Trash est un film pour vous!
Par the idiot
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Dimanche 15 novembre 2009
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15
11
2009
14:33
Les Carnets du sous-sol
(1864)
Fédor Dostoïevski
Raconter tout au long comment j'ai raté ma vie en me déshabituant de vivre, en rageant sans cesse dans mon sous-sol, non, vraiment, ce n'est pas intéressant. Pour faire un roman il faut un
héros, mais moi, comme si je faisais exprès, j'ai réuni ensemble tous les traits d'un anti-héros. Et puis, tout cela produira une impression détestable, parce que nous sommes tous déshabitués de
vivre, parce que tous nous boitons plus ou moins.
Rédigé au chevet de sa femme agonisante, Les Carnets du sous-sol
marque un point de rupture dans la carrière de Dostoïevski qui écrira par la suite ses quatre grands romans que sont Crime et châtiment, L'Idiot, Les Démons et Les
Frères Karamazov. Nettement moins célébré que ces autres oeuvres, ce court récit n'en est pas moins intéressant pour autant.
Divisée en deux parties, la longue nouvelle dresse le portrait d'un des "personnages de l'époque qui vient de
s'écouler", c'est à dire de la première moitié du dix-neuvième siècle. Dans la première partie, le narrateur tente de se décrire lui même, de mettre à jour ses angoisses et ses frustrations et de
faire comprendre à son lecteur les raisons de son isolement volontaire. Il se décrit comme un homme méchant, envers les autres et lui même, avançant tête baissée vers sa propre déchéance avec un
plaisir maladif de désespéré.
La deuxième partie des Carnets du sous-sol est le récit d'un épisode du passé du narrateur qu'il
intitule non sans un certain sens de la poésie "A propos de neige fondue". Un dîner d'adieu à un vieil ami tourne mal et notre conteur se retrouve dans un bordel en la compagnie d'une jeune
femme. Grisé, il laisse s'écouler les mots durs qui lui viennent à l'esprit mais loin de blesser la prostituée, ses paroles semblent lui redonner espoir.
Hélas, le dénouement de cette histoire, dont la faute n'incombe qu'au narrateur lui même, le laissera plus
dépité qu'avant. Dégoûté autant par les autres que par sa propre personne, il n'aura plus d'horizons où s'enfuir et nul autre choix que de se tapir dans son souterrain, son coin, son
désespoir.
Par the idiot
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Jeudi 12 novembre 2009
4
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2009
18:04
Bajuto gaijin butai
(1971)
Kenji Fukasaku
Koji Tsuruta, Noboru Ando
Gunji, ancien caïd des docks de Yokohama, vient de terminer une pige de dix ans à l'ombre. A sa sortie de taule il retrouve son gang de yakuzas dispersé aux quatre coins de la
ville et son ancien fief sous le contrôle de ceux qui l'ont fait plonger. Regroupant ses plus fidèles lieutenants autour de lui, il s'envole pour Okinawa, une île au sud du Japon, où il pense
pouvoir se tailler un nouvel empire.
Arrivés sur place, Gunji et les siens vont rapidement se faire une place dans les affaires
locales en prenant le contrôle d'un trafic de gnole contrôlé par de minables voyous du coin. Mais peu à peu, ils vont être confrontés à un sentiment de communautarisme et de xénophobie, les caïds
du coin craignant une invasion de l'île par les gangs de la métropole. Quand cette offensive sera lancée, Gunji devra choisir son camp.
Ressassant ses thèmes
obsessionnels, ou plus précisément, les instaurant, Fukasaku signe avec Guerre des gangs à Okinawa son premier grand film de yakuzas. D'une facture encore très classique, on est encore
très loin des révolutionnaires Combat sans code d'honneur et Cimetière de la morale, le film impose son style violent qui flirte parfois avec un sombre lyrisme désabusé
qui n'est pas sans rappeler le magnifique Sonatine de Takeshi Kitano.
Par the idiot
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